La climatisation, bête énergivore à dompter

Le 17 juillet 2020 par Romain Loury
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En 2050, 14 milliards de climatiseurs pour répondre aux besoins
En 2050, 14 milliards de climatiseurs pour répondre aux besoins
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En raison du réchauffement climatique, les besoins en climatisation vont fortement s’accroître au cours du siècle, accroissant les émissions de gaz à effet de serre. Un cercle vicieux que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) appellent à briser au plus vite, dans un rapport publié vendredi 17 juillet.

Alors que 3,6 milliards de climatiseurs sont utilisés à travers le monde, les besoins pourraient s’élever à 14 milliards en 2050. En tout, la climatisation consomme 2.000 térawattheures/an d’électricité, soit environ 9% de la production mondiale. Or s’ils sont efficaces en termes d’adaptation au réchauffement, les climatiseurs constituent une source importante d’émissions de gaz à effet de serre, que ce soit via leurs gaz réfrigérants (les HFC) ou d’une forte demande en électricité.

Entré en vigueur en janvier 2019, l’amendement de Kigali au protocole de Montréal prévoit une réduction de la production et de l’utilisation des HFC, ce qui pourrait atténuer le réchauffement de 0,4°C en 2100. D’où la nécessité de se détourner au plus vite de ces puissants gaz à effet de serre, dont le potentiel de réchauffement global (PRG) est en moyenne 2.200 fois plus élevé que celui du CO2, tout en améliorant l’efficacité énergétique des climatiseurs.

Jusqu’à huit années de GES à éviter

Selon les experts du PNUE et de l’AIE, il serait ainsi possible de réduire les futures émissions de 210 à 460 milliards de tonnes équivalent CO2 (GteqCO2) au cours des quatre prochaines décennies, en recourant à des produits moins climaticides que les HFC et en améliorant l’efficacité énergétique. Soit 4 à 8 ans d’émissions mondiales de GES -au niveau de 2018.

Un doublement de l’efficacité énergétique des climatiseurs permettrait ainsi de réduire les besoins d’électricité de 1.300 gigawatts en 2050, soit l’équivalent de la production électrique provenant du charbon de la Chine et de l’Inde en 2018. Ce qui permettrait d’économiser 2.900 milliards de dollars d’ici à 2050.

Selon la directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, «les pays doivent réduire massivement leurs émissions de gaz à effet de serre pour être en mesure de limiter à 1,5 °C l'augmentation de la température mondiale au cours de ce siècle. C'est essentiel pour minimiser les effets désastreux du changement climatique. En investissant dans la relance post-Covid19, les pays ont la possibilité d'utiliser leurs ressources de manière judicieuse pour limiter le changement climatique, protéger la nature et réduire les risques de nouvelles pandémies. Un refroidissement efficace et respectueux du climat peut aider à atteindre tous ces objectifs».