La circulation routière, un fléau pour les oreilles

Le 24 avril 2017 par Marine Jobert
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Le bruit, un fléau des villes et des campagnes.
Le bruit, un fléau des villes et des campagnes.

L’Agence européenne de l’environnement (AEE) actualise son état de lieux des nuisances sonores dont souffrent de plus en plus d’habitants, dans les villes comme dans les campagnes. Première source de nuisance: la circulation routière.

Sur la base des chiffres de 2012 communiqués par les 33 pays[1] qu’elle observe, l’AEE estime que près de 100 millions de personnes sont exposées à la circulation routière à des niveaux supérieurs à 55 décibels -dB(A)- selon l’indicateur Lden[2], valeur à partir de laquelle gêne et conséquences sanitaires peuvent se manifester selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un tiers d’entre elles (32%) pâtissent d’un bruit qui excède les 65 dB(A) Lden. Le train arrive deuxième en termes de nuisances sonores (19 millions de personnes exposées au-delà de 55 dB(A) Lden), suivi par les avions (4,1 millions) et les installations industrielles (1 million).

Le bruit du trafic routier a été classé par l’OMS comme le deuxième facteur de stress environnemental, après les particules fines. Tout en estimant que la valeur idéale, de nuit, devrait s’établit autour de 40 dB(A) Lden, l’institution genevoise a fixé un objectif intermédiaire de 55 dB(A) Lden.

10.000 morts par an

Si la directive Bruit de 2002 impose aux Etats la publication de cartes de bruit (la métropole du Grand Paris vient de publier ses cartes stratégiques), elle leur laisse les mains libres quant aux moyens de réduire les nuisances. L’originalité n’est pas de mise: pour tenter de juguler ce coûteux problème, c’est vers le remplacement de revêtement de chaussée, l’amélioration du flux de circulation, les limitations de vitesse ou la planification urbaine que les Etats se tournent. Pour la seule France, une étude réalisée l’an passé estimait le coût sanitaire, économique et social du bruit à 57 milliards d’euros par an. En 2016, l’AEE avait constaté qu’il ne suffisait pas de se mettre au vert pour échapper au bruit généré par les activités humaines: un tiers des campagnes européennes sont affectées par le bruit. Et une étude publiée en décembre 2014 estimait que le bruit était responsable de 10.000 morts par an dans l’Union européenne.

 

 

 



[1] Il s’agit des 28 Etats membres de l'Union européenne, ainsi que de l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse et la Turquie.

[2] L’indicateur réglementaire Lden (Level day evening night) représente le niveau de bruit global pendant une journée type (jour, soir et nuit). Il est calculé à partir des niveaux sonores moyennés sur les périodes jour (6-18h), soir (18-22h) et nuit (22-6h). Une pondération de +5 dB(A) et de +10 dB(A) est appliquée respectivement sur les périodes de soir et de nuit, pour tenir compte de la sensibilité accrue de la population au bruit au cours de ces périodes.

 



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