La circulation océanique ralentit, le réchauffement s’emballe

Le 19 juillet 2018 par Romain Loury
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Le tapis roulant océanique, régulateur climatique
Le tapis roulant océanique, régulateur climatique

Lié aux émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement en cours devrait nettement s’accélérer au cours des prochaines décennies, révèle une étude publiée mercredi 18 juillet dans la revue Nature. En cause, une décélération de la circulation des eaux atlantiques, qui va freiner l’absorption de chaleur par l’océan.

On l’appelle circulation méridienne de retournement Atlantique, ou AMOC en anglais: ce phénomène consiste en une plongée des eaux froides et salées (au nord de l’océan Atlantique), qui sont ensuite charriées, en profondeur, vers le sud.

L’AMOC constitue un important système de régulation du climat mondial, en épongeant une partie du réchauffement d’origine humaine. Mais tout dépend de sa vitesse: plus il va vite, plus il charrie de calories vers les grands fonds marins. A l’inverse, l’absorption de chaleur s’atténue lorsque l’AMOC ralentit.

Un réchauffement plus ou moins marqué

Ces effets cycliques expliqueraient pourquoi le réchauffement climatique a connu des variations de rythme au cours des dernières décennies, indiquent Xianyao Chen, du laboratoire d’océanographie physique de Qingdao (Chine), et Ka-Kit Tung, mathématicien à l’université de Washington (Seattle), dans leur étude.

Exemple:entre 1975 et 1998, l’AMOC ralentit, le climat mondial se réchauffe rapidement. A l’inverse, entre 1998 et 2005, l’AMOC reprend vigueur, tandis que le réchauffement marque le pas –ce que les climatologues appellent le «hiatus climatique».

Vers une rapide hausse thermique

Or l’AMOC ralentit  de nouveau, indiquent les deux chercheurs dans leur étude. Corollaire: il ne faudra plus trop compter sur l’océan pour ralentir le réchauffement d’origine humaine. Celui-ci devrait au contraire s’emballer au cours des prochaines décennies.

L’AMOC ne semble donc pas lié à l’activité humaine: il oscille de manière naturelle. Ce qui suggère, et c’est peut-être la bonne nouvelle de l’étude, que son ralentissement n’est que transitoire, et qu’il n’est donc pas en cours d’extinction du fait du réchauffement.



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