La Cicta échoue à limiter la surpêche du Thon obèse

Le 20 novembre 2018 par Stéphanie Senet
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Les captures de thon obèse représentent 9% des captures mondiales de thon
Les captures de thon obèse représentent 9% des captures mondiales de thon

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta) n’a pas trouvé de consensus, le 19 novembre, pour permettre aux stocks de Thon obèse de se reconstituer.

 

«C’est une très mauvaise nouvelle. Au lieu de prendre les mesures qui s’imposent, la Commission a prolongé les anciennes décisions qui favorisent la surpêche», résume au JDLE Grantly Galland, de l’ONG Pew. En 2019 comme en 2018, les captures de 65.000 tonnes de thons obèses sont autorisées dans l’Atlantique pour les 7 principaux acteurs dont le Japon, la Chine et l’Union européenne. Si l’on ajoute les prises des autres pays, environ 80.000 t de thons obèses devraient être pêchés cette année pour être consommés essentiellement en sashimi et mis en conserve. Telle est la conclusion de la 21e réunion de la Cicta qui s’est terminée le 19 novembre à Dubrovnik (Croatie), alors que les scientifiques avaient tiré la sonnette d’alarme dès 2015 et recommandé de réduire les quotas.

 

Au-delà de 50.000 tonnes

«Il aurait fallu réduire le plafond à 50.000 t pour l’année et l’imposer à tous les Etats pêcheurs, de façon à ce que le stock puisse se reconstituer dans les deux ans. Avec les mesures actuelles, la probabilité qu’il s’effondre d’ici 2033 est 60 fois plus grande que la probabilité qu’il puisse se reconstituer», analyse Grantly Galland.

La dernière proposition en faveur d’une pêche durable revenait à l’Afrique du Sud. Elle visait à fixer le quota annuel pour le Thon obèse à 62.500 t de 2019 à 2021, en y incluant les pays dépassant 1.575 t de captures annuelles, dont le Brésil, Guatemala, Panama et Sénégal. En plus, l’usage des dispositifs de concentration de poissons (DCP), qui favorisent la surpêche en aggravant les prises accessoires, devait être réduit et interdit en janvier et en février.

 

Intérêts nationaux avant tout

A qui la faute? «En fait, chaque partie prenante a défendu ses intérêts nationaux avant tout, Union européenne comprise», résume Grantly Galland. «Les intérêts économiques l’ont emporté sur la préservation de l’espèce», regrette de son côté le chef de la délégation sud-africaine, Siphokazi Ndudane.

En ce qui concerne le Thon rouge de l’Atlantique Est et de la Méditerranée, la Cicta a affaibli les mesures de surveillance et les dispositifs de contrôle alors que ce stock constitue l’une des principales cibles de la pêche illicite.

 



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