La Chine interdit les rejets des scrubbers dans ses eaux

Le 09 janvier 2019 par Marine Jobert
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Moins de pollution dans l'eau et dans l'eau.
Moins de pollution dans l'eau et dans l'eau.

Avec une réglementation plus drastique sur les émissions des navires et les rejets en mer des systèmes de dépollution de leurs fumées, la Chine prend la flotte internationale de court.

 

Il y a des Etats dont les décisions comptent autant que les réglementations internationales. Ainsi de la Chine, où viennent d’entrer en vigueur deux interdictions qui vont peser sur le commerce international. Depuis le 1er janvier, et avec une année d’avance sur les préconisations de l’Organisation maritime internationale (OMI), est interdite l’utilisation de combustibles marins d'une teneur en soufre supérieure à 0,5% dans les zones côtières, les eaux de Hainan et les régions fluviales de Yangtze et de Xijiang. A moins que les navires ne soient équipés d'un système d'épuration des gaz d'échappement: les scrubbers.

Soupe toxique

Soit, en bon français, des tours de lavage dans lesquelles est pulvérisée de l’eau de mer ou de l’eau douce additionnée de produits chimiques. Cette eau enlève jusqu’à 90% des oxydes de soufre et des particules fines des fumées d’échappement des moteurs qui tournent au fioul à 3,5%. Entre 1.000 et 3.000 mètres cubes d’eau par heure sont nécessaires selon la puissance du moteur. Les résidus –un conglomérat de soufre, d’hydrocarbures, de métaux lourds, de particules fines et de nitrates– peuvent, après filtration de l’eau, être stockés sur le bateau et déchargés à terre pour y être retraités (en circuit fermé). Ou être tout simplement rejetés à la mer ou dans les cours d’eau (en circuit ouvert), aucune réglementation ne l’interdisant à ce jour.

Or Pékin vient également d’interdire ces rejets d’eaux souillées par les fumées du carburant bon marché que brûlent la majorité des 55.000 navires qui sillonnent le globe. Une condamnation de première classe pour les scrubbers dits ‘en circuit ouvert’ qui, selon les projections du secteur, devraient équiper 60% des 5 à 6.000 navires qui en seront dotés d’ici 2024.

Eaux acides

Ce sont des considérations environnementales qui ont guidé les autorités chinoises, car l’état des masses d’eau y est désastreux. «Nous avons adopté l'interdiction dans des régions désignées principalement par souci de protéger l'environnement et de prévenir la pollution à teneur en soufre dans les eaux plus acides», a déclaré un responsable de l’administration chinoise de la sécurité maritime (MSA). Si l’interdiction des rejets d’épurateurs en boucle ouverte concerne tous les fleuves et ports du littoral chinois et inclut la mer de Bohai (en mer Jaune), elle ne sera toutefois pas étendue à l’ensemble des eaux territoriales chinoises en raison de l’augmentation des coûts pour le secteur des transports maritimes. «Les interdictions limiteront l'utilisation d'épurateurs, et donc de mazout à haute teneur en soufre, en Chine, suggérant une forte augmentation de la demande en diesel», a prévenu le bureau d'études Energy Aspects, cité par Reuters. Singapour prendra le même chemin dans un an, ont déjà prévenu les autorités de la plus grande plaque tournante du monde pour le ravitaillement et le soutage de navires.

 



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