La Chine, futur exemple pour les pays en transition?

Le 17 juillet 2007 par Claire Avignon
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Après avoir publié ses conclusions et recommandations en novembre 2006 (1), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié, mardi 17 juillet, le rapport complet relatif à l’examen environnemental de la Chine. Une meilleure intégration de la question dans la vie institutionnelle et les mécanismes de marché y est vivement recommandée.

Pour aller vers une «société harmonieuse», terme chinois proche du développement durable à l'européenne, la Chine a encore beaucoup de chemin à faire. Pourtant, le ton du rapport de l'OCDE n'est pas pessimiste: «Les autorités chinoises du plus haut niveau ont pris la mesure de la crise environnementale», souligne Christian P. Avérous, chef de la division des performances et de l'information environnementales à l'organisation internationale. Ce qui se traduit par un paysage législatif satisfaisant et de réelles ambitions dans certains domaines, comme l'efficacité énergétique ou la protection de la nature.

Pour aller plus vite dans la mise en place de la politique, le rapport recommande une meilleure intégration des problématiques écologiques dans les autres politiques (agriculture, énergie, transports, finances, planification), ainsi qu'une transformation de l'Agence de protection de l'environnement (Sepa) en un ministère.

L'OCDE estime également nécessaire de multiplier par deux les dépenses liées à l'environnement qui représentent à l'heure actuelle 0,9% du produit intérieur brut (PIB); avec un financement à la fois public, mais aussi et surtout, privé. Pour comparaison, les dommages environnementaux représentent au moins trois points de PIB, «et encore, on les sous-estime très largement», estime Christian P. Avérous.

Autre mesure économique à prendre: tarifer chaque ressource (énergie, eau, etc.) à son vrai coût, avec toutefois la nécessité de différencier l'approche selon les régions. Les classes moyennes de la Chine riche de la façade maritime peuvent s'acquitter du coût total de l'eau, même si cela représente entre 1 et 5% du budget d'un ménage, selon Gérard Bonnis, administrateur principal à l'OCDE. Mais la Chine du nord et du centre «aura besoin d'une période de transition d'environ 15 ans», estime Christian P. Avérous. Quand à la Chine de l'ouest, parfois qualifiée d'«africaine», les actions devront davantage prendre la forme d'aides.

«En appliquant plus rigoureusement ses politiques environnementales, en réorientant la croissance du pays et en renforçant ses actions internationales, la Chine pourrait être un pays exemplaire pour les autres pays en transition», juge Christian P. Avérous. Déjà, «la Chine fait participer de manière constructive d'autres pays aux discussions et négociations en cours sur les règles et procédures d'intégration des politiques commerciales et environnementales». Mais, rappelle le rapport, «des critiques internationales» pointent le fait que les entreprises chinoises investissant à l'étranger ne prennent aucune mesure pour limiter l'exploitation des ressources naturelles. «La réalisation d'un examen à haut niveau […] serait fort opportune», selon le rapport.

(1) Voir l'article du JDLE «La pollution en Chine, une limite au développement»




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