La Chine face au boomerang de la pollution des eaux

Le 09 juillet 2013 par Marine Jobert
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Depuis 7 ans, cette province chinoise est touchée par les algues vertes.
Depuis 7 ans, cette province chinoise est touchée par les algues vertes.
DR

C’est un désastre désormais visible. La contamination des eaux en Chine s’incarne depuis plusieurs semaines en un bouillon vert infâme: des centaines de tonnes d’algues vertes ont envahi une superficie de 30.000 km2 à la hauteur de la ville de Qingdao, dans la province du Shandong. Ca n’est pas une première fois :la ville avait notamment dû faire face à un premier «bloom» algal, en 2008, pendant les Jeux Olympiques. Mais cette fois, c’est du jamais vu. Comme en Bretagne, c’est la rencontre entre de l’azote et le phosphore, d’origine agricole, et des températures clémentes, qui explique l’apparition de cette «mer de salade», comme l’appellent les Chinois.

 

Ces algues ne sont pas dangereuses pour la santé humaine quand elles sont dans l’eau et les baigneurs –nombreux à patauger dans cette soupe verte- ne semblent pas dégoûtés. Mais elle a pour effet d’eutrophyser le milieu et de diminuer la luminosité, ce qui prive à terme la vie marine d’oxygène. Hors de l’eau, ces algues dégagent de l’hydrogène sulfuré, en pourrissant, ce qui peut être fatal pour les organismes vivants. En juillet 2011, des blaireaux, des sangliers et des ragondins avaient ainsi été asphyxiés sur une plage bretonne [JDLE].

 

Ce désastre est plus visible que la contamination intense qui frappe les nappes phréatiques du pays. Car 18% de l’eau utilisée en Chine est puisée dans les nappes phréatiques et plus de 400 des 655 villes principales du pays n’ont pas d’autre source d’alimentation. Or l’essentiel de cette eau est pollué par des pesticides, engrais et pollutions en tous genres issues des industries chimiques et minières. Des prélèvements réalisés en 2006 par des organismes officiels avaient mis en lumière que 35% des aquifères peu profonds étaient contaminés par les activités humaines. «La pollution de l’eau est un problème plus grave que le manque d’eau», estime Song Xianfang, un hydrologiste d’un institut dépendant de l’Académie chinoise des Sciences, cité par le journal Nature. Une étude réalisée, en 2012, par le ministère des terres et des ressources a mis en évidence que sur 4.929 sites ( ?) d’eau souterraine, 41% des échantillons présentaient de l’eau de piètre qualité. 17% étaient d’extrêmement pauvre qualité, avec des niveaux en fer, en manganèse, en fluor, en nitrites, en nitrates, en ammonium et en métaux lourds dépassant les valeurs limites.

 

Le gouvernement chinois a annoncé fin avril -sans toutefois en révéler publiquement l’exact contenu- qu’il lançait un plan de reconquête des aquifères dans le nord de la Chine (la région plus peuplée). La zone va être découpée en 30 unités, qui seront classées en fonction de l’intensité de la pollution relevée –grave, moyenne, bonne- afin de recevoir une réponse adaptée. D’ici à 2020, 500 millions de yens (63 millions d’euros) seront consacrés à l’évaluation de l’ampleur des pollutions, à établir une base de données, à contrôler les pollutions agricole et industrielles, à traiter les effluents et à mener des recherches sur le sujet. Les conséquences du développement des gaz de schiste sur la ressource en eau font partie des pistes de recherche retenues.

 

Plus floue –mais plus fondamentale- la réglementation environnementale pourrait être renforcée. Notamment via des critères renforcés à l’égard de l’industrie, tant dans le choix des entreprises autorisées à exercer que dans les pratiques autorisées. Les agriculteurs pourraient recevoir des enseignements à l’usage plus approprié des engrais.

 

 



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