La Chine face à un nouveau scandale sanitaire

Le 27 juin 2011 par Geneviève De Lacour
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De nombreux enfants chinois et leurs parents, victimes de contaminations au plomb, se verraient refuser non seulement un traitement contre le saturnisme mais aussi les tests sanguins permettant de révéler la plombémie de leur sang.

Depuis deux ans et demi, des milliers d’ouvriers chinois, de villageois et d’enfants dans au moins 9 des 31 provinces chinoises seraient donc victimes d’une contamination massive par le plomb. Cette pollution a généralement pour origine des usines fabriquant des batteries, et des fonderies dans lesquelles les parents des enfants malades travaillent.

Selon un rapport de l’association Human Rights Watch publié mercredi 15 juin, les représentants des autorités chinoises locales auraient ainsi délibérément ignoré les règles les plus élémentaires de sécurité afin d’atteindre les objectifs de développement économique fixés par le gouvernement chinois.

Le rapport repris dans un article publié mercredi dans The Guardian affirme que certaines autorités locales chinoises auraient intentionnellement et arbitrairement limité les tests de détection de la plombémie des enfants, refusant leur traitement ainsi que celui des parents et essayant enfin de réduire au silence les parents et les membres des associations prenant la défense des victimes.

«Les enfants dont les concentrations en plomb dans le sang sont très élevées se voient refuser le moindre traitement et rentrent ainsi chez eux, dans des maisons et des villages qui sont contaminés», déclare Joe Amon, le directeur de l’association de défense des droits de l’homme. Insistant sur la gravité de la situation il précise: «C’est toute une génération d’enfants qui est affectée par la pollution». L’exposition prolongée et massive au plomb qui s’accumule dans le sang peut affecter le système nerveux et notamment celui des enfants en pleine croissance. Le plomb peut provoquer une anémie, une faiblesse musculaire, un arrêt de la croissance, des problèmes d’attention et, de manière ultime, des dommages cérébraux.

Joe Amon affirme que «parents, journalistes et représentants d’associations de défense des victimes, tous ceux qui osent parler du plomb, sont menacés ou emprisonnés».
 
Ainsi, depuis 2008, la Chine a connu plus d’une douzaine de contaminations au plomb, des accidents qui ont affecté des milliers de personnes. Les familles, victimes de la pollution, n’ont cessé de se plaindre aux autorités qui les ont totalement ignorées parce que l’industrie est une source importante d’emplois, de taxes et parfois aussi de pots de vin. Un mépris qui a amené les plus désespérés à se révolter contre les usines responsables de la pollution. Le cas le plus récent concerne la ville de Menxi où, le mois dernier, les habitants ont jeté des ordinateurs et d’autres équipements contre l’usine de batteries, et cela parce que les analyses de sang réalisées sur plus de 300 adultes et enfants ont révélé des concentrations en plomb 7 fois supérieures à la limite.
 


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