La chimie face aux enjeux environnementaux français et européens

Le 20 mars 2008 par Claire Avignon
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Entre l’application du Grenelle, la mise en place de Reach, et les discussions sur le paquet Climat et énergie, les années 2007 et 2008 s’avèrent très environnementales pour l’industrie de la chimie.

L'Union des industries chimiques (UIC) s'est avouée dépassée par le Grenelle, mardi 18 mars, lors d'une conférence de presse relative aux résultats 2007 du secteur. «Nous avons très peu de visibilité sur les comités opérationnels. Nous craignons une absence de cohérence dans les mesures qui vont sortir», a expliqué Alain Devic, président de l'UIC. Par ailleurs, le directeur général de l'organisme Jean Pelin, se dit «inquiet» de la manière dont vont être traitées les nanotechnologies. «Nous sentons des velléités d'appliquer à l'extrême le principe de précaution. Cela pourrait être superfétatoire, voire opposé à ce que prépare la Commission européenne», poursuit-il.

Autre préoccupation majeure de l'industrie de la chimie: le paquet Climat et énergie qui doit être adopté début 2009, et qui pourrait entraîner une hausse des coûts de l'énergie. Alain Devic a développé l'argument selon lequel «l'industrie chimique est en mesure d'apporter des solutions concrètes» d'économies d'énergie et donc qu'«il serait dommage de contrarier ces progrès». Plus précisément, l'UIC réclame la gratuité des allocations dans le cadre du système communautaire d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre (SCEQE) pour les industries soumises à la concurrence internationale tant qu'il n'y a pas d'accord international, et la sortie des petits émetteurs (moins de 50.000 tonnes d'équivalent CO2 par an) du périmètre du SCEQE.

Enfin, Alain Devic a insisté sur l'importance d'«utiliser pleinement le mécanisme de développement propre (MDP)». Ce dernier est valable jusque fin 2012, ce qui correspond à la fin de la période d'application du protocole de Kyoto. «Nous sommes ensuite face à un vide, a indiqué Olivier Montfort, directeur général de Solvay. Nous voulons qu'il soit comblé pour être sûrs que nous pourrons rapatrier nos crédits de carbone après 2012. Mais la Commission européenne en fait une monnaie d'échange avec les pays en développement dans les négociations post-Kyoto, et ne prévoit de clarifier les conditions qu'en 2011. Pour nous, c'est vraiment trop tard, nous avons besoin d'une vision à l'horizon de 7 ans sur le coût de l'énergie.»

C'est finalement sur le sujet le plus «chimique» que l'UIC est le moins revendicatif, celui de Reach (1). L'union est plutôt fière du travail qu'elle a mené pour former quelque 900 entreprises et développer des outils comme l'offre de services Atoutreach et Reachlink qui visent à faciliter les échanges de données dans le cadre des forums d'échange d'information sur les substances (Fies), obligatoires lors de la phase d'enregistrement.



(1) Règlement (CE) n°1907/2006 du Parlement européen et du Conseil, du 18 décembre 2006, concernant l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (Reach), instituant une agence européenne des produits chimiques




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