La chasse au loup est ouverte

Le 03 juin 2015 par Romain Loury
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36 loups au maximum
36 loups au maximum
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Le gouvernement relève son plafond de loups à abattre en 2015-2016, soit 36 individus contre 24 en 2014-2015, alors que les effectifs français sont estimés à 350. Un geste en faveur des éleveurs, mais qui a peu de chances de les contenter.

Soumis à consultation depuis vendredi 29 mai jusqu’au dimanche 21 juin, les deux arrêtés prévoient, pour 2015-2016, d’une part les conditions d’abattage du loup, sous forme de dérogation au statut d’espèce protégée, d’autre part le nombre maximum de spécimens pouvant être tués. Pour 2014-2015, ce chiffre avait été fixé à 24, un plafond pouvant être révisé dans la limite de 12 loups supplémentaires -soit 36 au final.

Cette année, les deux ministères en charge du dossier, ceux chargés de l’écologie et de l’agriculture, ne s’embarrassent pas de telles précautions: le nombre maximum de loups à abattre, «mâles ou femelles, jeunes ou adultes», est d’emblée fixé à 36. Pourtant, seuls 18 d’entre eux ont officiellement été prélevés depuis juillet 2014 –sans compter les animaux abattus en douce, et dont les corps ne sont pas retrouvés.

Interrogé par le JDLE, le président de l’association Ferus, Jean-François Darmstaedter, estime que «l’Etat n’a pas de logique en la matière, il lui importe seulement de satisfaire les lobbies de l’élevage». Si tel est l’objectif, c’est peine perdue: faisant mine de confondre «plafond» et «quota», la Fédération nationale ovine (FNO) s’est indignée début avril du fait que le ministère de l’écologie ne respectait pas le chiffre fixé pour 2014-2015.

Le rôle des chasseurs renforcé

Autre nouveauté de l’édition 2015-2016, la possibilité pour les chasseurs d’effectuer des tirs de prélèvements, toujours sous réserve d’un arrêté préfectoral, «à l’occasion de chasse à l’approche ou à l’affût d’espèces de grand gibier». Lancée sous forme expérimentale par un arrêté d’août 2014, la mesure fait officiellement son entrée parmi les dispositifs autorisés par les arrêtés annuels.

«Cela nous laisse un goût amer, c’est une officialisation de la chasse au loup», regrette Jean-François Darmstaedter. D’autant que des débordements sont survenus à l’automne 2014 dans le Var, avec 4 loups abattus au lieu des 3 prévus par l’arrêté préfectoral. Ce qui n’a pourtant pas découragé le préfet, qui autorisait en janvier l’abattage de 4 autres loups, toujours dans le cadre de la chasse.

A la lecture des commentaires postés sur la page du ministère de l’écologie, force est d’admettre que le deux arrêtés sont peu populaires. Certains s’interrogent même sur le but de l’exercice: «pourquoi ces consultations bidons puisque le gouvernement n’en tient absolument pas compte?», demande ainsi le contributeur «Arnaque absolue».

Pour Jean-François Darmstaedter,  «le gouvernement y est obligé par la loi, mais les décisions sont prises depuis longtemps: cela ne change rien au schmilblick, cette consultation constitue la négation même de l’opinion des citoyens».



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