La chasse au charbon se poursuit

Le 27 novembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En Europe, on ne veut plus investir dans le charbon.
En Europe, on ne veut plus investir dans le charbon.
VLDT

Les annonces de décarbonation se multiplient, à quelques heures de l'ouverture de la COP21.

Cela aurait pu être l’une des meilleures nouvelles de la COP 21. Hélas, elle ne devrait être officialisée qu’au début de l’année prochaine, quand toutes les parties prenantes se seront mises d’accord. Car, de la discussion, il va y en avoir.

Comme le révèle le Frankfurter Rundschau, l’Allemagne pourrait prochainement annoncer l’abandon, progressif, du lignite. Cette variété de charbon est la plus émettrice de CO2. Mais sa combustion produit le quart de l’électricité, outre-Rhin.

Le gouvernement Merkel, indiquent nos confrères, prévoit d’annoncer, avant les élections générales de 2017, la fin de l’exploitation des mines de charbon brun pour 2035 ou 2040. C’est à cette condition que Berlin pourra réduire de 90% ses émissions carbonées entre 1990 et 2050.

Vieilles centrales, vieilles mines

Ce délai colle aussi à la durée de vie des centrales thermiques des électriciens allemands. Sur les 61 grosses centrales (21 gigawatts électriques) carburant au lignite, 40 (11,8 GWe) sont âgées de plus de 20 ans. Elles seront au bout du rouleau vers 2035. Au rythme actuel de production[1], les mines de Rhénanie, de Saxe et de Lusace auront par ailleurs épuisé, vers 2040, les réserves les plus facilement exploitables. Ce qui rendra le lignite moins compétitif qu’aujourd’hui. Surtout si, dans le même temps, les énergies renouvelables poursuivent leur développement (entraînant la chute des prix de revient de l’électricité) et que le prix de l’émission de CO2 s’envole.

L’électricien RWE, le plus gros consommateur de lignite allemand, ne serait pas opposé à ce plan, à condition qu’il soit progressivement mis en place. Le temps suffisant, par exemple, pour assurer la fin de carrière des 40.000 mineurs de lignite.

Unilever lave plus blanc

Les électriciens allemands ne sont pas les seuls à délaisser le charbon. Durant la COP 21, plusieurs multinationales devraient annoncer leur renoncement de la plus émettrice des énergies fossiles. Le mouvement a été lancé, vendredi 27 novembre, par Unilever. Dans un communiqué, le producteur de détergents ambitionne de devenir «positif en carbone». D’ici à 2020, le consortium n’utilisera plus de combustibles fossiles dans ses usines, qui consommeront uniquement de l’électricité «verte». En développant les sources de production d’énergies renouvelables, Unilever s’estime capable, en 2030, de produire plus de mégawattheures qu’il n’en consommera.

ING annonce, ce vendredi 27 novembre, renoncer au financement de toute nouvelle centrale au charbon. La banque néerlandaise ne prêtera pas d’argent non plus aux entreprises dont plus de la moitié du chiffre d’affaires est réalisé grâce au charbon. Une décision avec effet immédiat, indique-t-elle.

Le 18 novembre, la ministre britannique de l’énergie a annoncé la fin de la production d’électricité à partir du charbon pour 2025. Quelques heures plus tard, les 34 pays membres de l’OCDE signaient la fin des subventions publiques à l’exportation de centrales au charbon.

 

 

 



[1] 180 millions de tonnes par an.

 



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