La Charrette connecte les circuits courts

Le 06 avril 2020 par Stéphanie Senet
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Les petits producteurs ont leur BlaBlaCar
Les petits producteurs ont leur BlaBlaCar

Spécialisée dans la co-livraison de produits locaux, la Charrette a étendu ses services dans la quasi-totalité de la France métropolitaine.

«L’idée de départ, c’était de lancer un BlaBlaCar des producteurs locaux», explique Laura Giacherio, jeune co-fondatrice de La Charrette. «Les petits producteurs perdent beaucoup de temps et d’argent à livrer leurs produits dans les restaurants et les magasins. En les aidant à s’organiser, on leur en fait gagner». Et cette bonne idée, qui réduit aussi la pollution atmosphérique et les émissions de CO2, a fait son chemin. Après des débuts prometteurs en Haute-Savoie en 2017, le site propose désormais des services aux producteurs de Bretagne, Hauts-de-France, Ile-de-France, Occitanie, Provence Alpes Côte d’Azur et Rhône-Alpes. Aujourd’hui, ils sont plus de 1.000 à recourir à La Charrette.

Covid-19 / Pendant le confinement, La Charrette répertorie sur une carte les surplus de production, dans la France entière, en attente de points de livraison.

Co-livraison et transport court

En plus de l’historique co-livraison, qui permet aux producteurs de mutualiser leurs frais de transport, la jeune entreprise a développé un réseau de transport qui rassemble 100 entreprises indépendantes. «Chez les transporteurs, personne ne savait livrer de petits volumes. C’était beaucoup trop cher et très inadapté aux besoins des petits producteurs. Le transport express était plus adapté mais très coûteux», précise Laura Giacherio, dont l’entreprise récupère 15% des transactions effectuées en co-livraison. Dans le système classique, un petit producteur doit par exemple payer 150 euros pour livrer une épicerie. Avec La Charrette, il partage la facture avec trois autres producteurs, ce qui lui revient à environ 50 euros.

Des produits frais

Les clients sont des producteurs de petite et moyenne taille, qui assurent des livraisons en circuits courts. De petits volumes donc, compris entre 3 à 4 palettes par producteur, qui parcourent de petites distances. «La majorité des livraisons sont constituées de produits frais, mais tous les produits sont permis, y compris les surgelés», complète la dirigeante de La Charrette.

En plein boum

La crise sanitaire a d’ailleurs dopé les demandes en raison d’une explosion des ventes en circuits courts. Si l’équipe de La Charrette se réjouit de cet appétit pour les produits locaux, elle s’interroge sur son avenir. «Cette crise a mis en lumière les aléas du transport de longue distance au profit des circuits courts. Mais un mois et demi suffira-t-il pour changer durablement les habitudes alimentaires des Français ?», se demande Laura Giacherio.