La charcuterie nocive pour le pancréas?

Le 25 janvier 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La consommation de charcuterie, déjà associée aux cancers colorectal et de l’estomac, le serait également à celui du pancréas, révèle une étude publiée dans le British Journal of Cancer.
 
Le cancer du pancréas est l’un de ceux aux pronostics les plus sombres, avec seulement 5,5% de survivants 5 ans après le diagnostic, rappellent Susanna Larsson, de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède), et ses collègues. Parmi ses principaux facteurs de risque, on compte le tabac, l’alcool et l’obésité.
 
La consommation excessive de charcuterie pourrait aussi favoriser la maladie, montrent les chercheurs suédois. Leur étude consiste en une méta-analyse, à savoir une analyse groupée de plusieurs études: si l’intérêt est d’en accroître la force statistique, le défaut de ce genre de travail est de mélanger des travaux rarement menés dans des conditions similaires.
 
Selon cette analyse de 11 études (6 d’origine nord-américaine, 4 européennes et 1 japonaise), soit 2,3 millions de personnes dont 6.643 cas de cancer du pancréas, toute consommation supplémentaire de 50 grammes de charcuterie par jour (en prenant pour exemple une personne consommant habituellement 100 grammes de charcuterie par jour) est liée à une hausse de 19% du risque. Un phénomène que les chercheurs jugent «biologiquement plausible», peut-être lié à l’usage de nitrites comme conservateurs.
 
Ces nitrites peuvent se transformer, dans l’estomac, en N-Nitroso; des composés déjà présents dans les charcuteries.
 
Or il s’agit là «de puissants carcinogènes», notamment pour le pancréas, ainsi que l’ont suggéré des travaux chez l’animal. Chez l’homme, une étude a montré que les personnes ingérant le plus de nitrites avaient un risque accru de développer cette maladie.
 
Les résultats sont moins clairs en ce qui concerne la viande rouge. Si aucune tendance significative ne ressort de l’analyse globale, un effet était observé chez les hommes (+29% pour toute consommation additionnelle de 120 g par jour), pas chez les femmes. Reste à savoir s’il résulte du hasard ou d’une consommation plus élevée de viande par les hommes.


Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus