La certification RGE: un label à performance nulle

Le 07 décembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'important est d'avoir une vue d'ensemble.
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VLDT

Personne ne peut y couper. Et pourtant, c’est nul. Instaurée en juillet 2014, la certification RGE[1] est censée garantir la compétence de l’artisan ou de l’entreprise qui intervient dans les différentes missions liées aux travaux dans le bâtiment. Dans les faits, c’est tout autre chose, révèle l’UFC-Que Choisir.



[1] RGE, pour Reconnu garant de l’environnement

 

 

Depuis le 1er janvier 2015, seuls les travaux réalisés par des entrepreneurs labellisés RGE peuvent être financés par l’écoprêt à taux zéro ou le crédit d’impôt développement durable.

Délivré par 4 organismes interprofessionnels, ce label impose que les artisans ou ouvrier aient suivi une formation, qu’ils disposent de référence, qu’ils sachent poser les équipements, qu’ils maîtrisent la chaine de la sous-traitance, qu’ils réalisent au moins deux chantiers tous les deux ans.

Ces supposées garanties valent-elles quelque chose? Assurément non, répond l’UFC-Que Choisir. L’association consumériste a mené une enquête de terrain pour vérifier la qualification et la fiabilité des professionnels du secteur. Les résultats sont désastreux.

 

Un examen consciencieux dans 8% des cas

L’association a collecté des devis pour 10 maisons mal isolées, auprès de professionnels labélisés RGE. «Alors qu’un diagnostic d’ensemble du logement est indispensable pour établir des recommandations de travaux fiables, seulement 8% des artisans ont fait un examen consciencieux du bâti (enveloppe du logement, ventilation et production de chaleur)», indique l’association.

Malgré une formation sur la thermique du bâti, un seul artisan sur les 11 testés avec une mention ‘RGE spécialisé’ a fait une évaluation d’ensemble. «Plus inquiétant, sur les 26 professionnels RGE bénéficiant des mentions spécifiques à la rénovation globale, seuls deux ont conduit une évaluation globale du bien.»

 

Devis surévalués

Peu à même de proposer des solutions cohérentes, les professionnels ont en outre la main lourde. «Les prix des prestations proposées sont jusqu’à 2,8 fois supérieurs (pour un enduit) aux prix constatés sur le marché par des artisans efficaces.» Et les consommateurs ne pourront pas compter sur leurs conseils pour bénéficier d’aides publiques: «Si 80% des professionnels testés abordent le crédit d’impôt transition énergétique, rares sont ceux qui évoquent les autres aides (26% pour les certificats d’économie d’énergie et 23% pour les aides locales). Plus rares encore sont ceux qui les intègrent dans le calcul du devis (deux professionnels), pour proposer un coût net.»

 

Quid des assurances?

Un seul devis récolté est conforme aux obligations légales en la matière. 94% des devis sont imprécis sur le libellé des travaux, et dans 71% des cas, le nom de la compagnie d’assurance n’est pas indiqué. «Ce n’est guère mieux à l’oral où, pour pousser à la vente, 65% des professionnels testés font miroiter des réductions de facture allant jusqu’à 50%... en se gardant bien de les notifier sur le devis pour éviter tout engagement.»



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