La certification cradle to cradle veut populariser l’économie circulaire

Le 18 avril 2019 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Anne de Béthencourt est déléguée générale de l'association C2C Community en France
Anne de Béthencourt est déléguée générale de l'association C2C Community en France

Lancée il y a une vingtaine d’années, la certification internationale cradle to cradle (du berceau au berceau en français) favorise la transition des entreprises vers une économie circulaire mais reste confidentielle en France. Entretien avec Anne de Béthencourt, déléguée générale de l’association française C2C Community, à l’occasion d’un colloque organisé le 12 avril à Paris.

Pouvez-vous rappeler ce qu’est la certification Cradle to Cradle (C2C) ?

AdB. C’est à la fois une philosophie et une certification. C’est une méthode d’accompagnement des entreprises vers une économie circulaire, dans l’objectif d'avoir un impact positif sur l’environnement et la santé. Il n’y a pas de produits parfaits mais il y a des produits perfectibles. D’ailleurs la certification comprend plusieurs niveaux, du plus bas (basique) au plus ambitieux (platinium), qui peuvent varier pour un même produit selon les 5 critères d’évaluation.

Le «cradle to cradle» a été mis au point par le chimiste allemand et ancien membre de Greenpeace Michael Braungart, ainsi que par l’architecte américain William McDonough. Ce concept a été repris par la fondation britannique Ellen McArthur. Une version 4 de la certification sera lancée cet été. Evolutive, elle pourrait davantage prendre en compte le bilan carbone des produits.

 

Quels sont ces critères ?

Nous évaluons la formulation chimique des produits en remontant jusqu’au premier composant livré par un fournisseur afin de déterminer sa toxicité et ses effets sur la santé. Nous mesurons également la consommation d’énergies renouvelables et les émissions de gaz à effet de serre, la gestion de l’eau (consommation, réutilisation et pollution), la réutilisation potentielle des matériaux et la responsabilité sociale des entreprises. Cette évaluation peut être réalisée grâce à l’analyse des données faite par des laboratoires certifiés. Le niveau de certification est enfin décidé par le C2C Product Innovation Institute.

 

Combien d’entreprises sont entrées dans la boucle C2C ?

Depuis 1995, nous avons certifié environ 550 produits dans le monde, surtout aux Etats-Unis, Pays-Bas et Allemagne. En France, cela ne représente qu’une vingtaine d’entreprises, le plus souvent dans le secteur des produits d’entretien, comme Rainett, et du bâtiment, comme les revêtements Tarkett. Mais nous voyons également émerger une tendance dans le secteur du textile, où plusieurs entreprises affichent une volonté de changer de pratiques. C&A vient d’entrer dans la démarche pour faire certifier une gamme de vêtements. C’est un début. Nous voulons démontrer la faisabilité économique de ces changements de pratiques, comme l’élimination d’ingrédients à risques, la recyclabilité des emballages, le traitement systématique des eaux de production avant rejet…

 

Il existe de nombreux labels à travers le monde. Cette profusion peut accroître la confusion…

Il existe surtout des labels spécifiques à certains secteurs, comme le textile ou le bâtiment. Nous avons vocation à offrir une certification globale.

 

Est-ce que l’économie circulaire progresse dans les appels d’offre ?

Non et c’est l’un des principaux obstacles à son essor. De manière très marginale, un appel d’offre va viser un produit recyclable par exemple, mais rarement une démarche globale C2C. En France, on associe encore trop souvent l’économie circulaire à la gestion des déchets. Aux Etats-Unis, cela bouge un peu plus. Pour son siège social en Californie, Google a lancé un appel d’offre pour ne l’équiper qu’avec des produits C2C. Un autre blocage provient de l’exigence de la démarche. Certaines entreprises découvrent parfois la composition réelle de leurs produits et ont de mauvaises surprises. La transition vers une économie circulaire n’est pas toujours simple.

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus