La centrale de Creys-Malville mise en demeure

Le 06 janvier 2005 par Christine Sévillano
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Après un incident à la centrale nucléaire de Creys-Malville en octobre, deux inspections de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont relevé une insuffisance des systèmes d'alarmes due à des causes techniques et organisationnelles. En cours de démantèlement depuis le décret du 30 décembre 1998, l'installation est toujours susceptible d'incidents dans son atelier pour l'évacuation du combustible.

Par un courrier daté du 15 décembre, la Direction générale de la sûreté nucléaire et de radioprotection a mis en demeure la centrale nucléaire de Creys-Malville (Isère) de prendre des mesures pour perfectionner les systèmes d'alarme. Une inspection inopinée pour vérifier l'application du plan d'urgence interne a été réalisée dans la nuit du 29 au 30 novembre. Elle a montré que les alarmes n'étaient pas gérées de manière fiable. Une défaillance déjà relevée lors d'une inspection courant octobre, après un incident au moment de la vidange de la piscine de stockage et de refroidissement des éléments combustibles dans l'atelier pour l'évacuation du combustible (apec). Ces matières ont partiellement servi au fonctionnement de l'installation par le passé.

"Ce qui s'est produit est le seul incident majeur qu'on peut recenser dans une centrale en cours d'arrêt. Suite à de mauvaises manipulations, le niveau de la piscine a baissé", explique Marc Champion, adjoint au responsable de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour la région Rhône-Alpes. Des erreurs de raccordement ont libéré accidentellement de l'eau dans un réservoir de stockage, outil de sauvegarde pour éviter les propagations dans l'environnement. Des échappées qui ont produit des déchets et effluents. Ce type d'incident est sans conséquence pour les populations voisines et pour l'environnement, mais pas pour les salariés. Ils peuvent être exposés à des radiations lorsque les combustibles ne sont plus immergés dans l'eau.

La défaillance aurait pu être évitée grâce à un système d'alarme plus performant. "Auparavant, les alarmes de l'apec étaient gérées par une salle de contrôle locale surveillée en permanence par un employé. Mais avec le démantèlement de la centrale, la réduction du personnel a amené la direction à délocaliser cette surveillance dans la salle de contrôle principale moins bien équipée pour suivre l'apec", affirme Marc Champion. Quand l'alarme se déclenche, la salle de contrôle principale émet un signal lumineux qui ne permet pas de prendre en compte la nature de l'incident dans la piscine contenant les éléments combustibles. "Nous avons alors constaté que le personnel ne se déplaçait pas systématiquement ou avec du retard", poursuit le responsable de l'ASN.

A la centrale de Creys-Malville, on assure avoir pris acte des remarques de l'ASN. La direction est en train de mettre au point un plan d'action global qui comprendra une partie formation des salariés, afin de renforcer leur sensibilisation aux risques du stockage des combustibles. Un nouvel équipement de la salle de contrôle centrale permettra, en outre, de mieux identifier l'origine exacte des signaux émis depuis l'apec. Mais ni à l'ASN, ni à la centrale, on incrimine une baisse de vigilance des salariés liée au démantèlement. Toutefois, Marc Champion note que des changements importants ont eu lieu depuis l'arrêt d'exploitation qui ont pu affecter l'organisation de la surveillance. La centrale a changé de direction au sein d'EDF, passant de la direction du parc nucléaire à la direction ingénierie et systèmes et un turnover important des employés a eu lieu. Même si cela ne s'est jamais produit, après une mise en demeure, l'ASN est en droit de dresser un procès verbal qui amènerait à l'ouverture d'une enquête.




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