La carte de France des pesticides est publiée

Le 20 novembre 2018 par Marine Jobert
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Carte de vente des pesticides par département par ha de SAU.
Carte de vente des pesticides par département par ha de SAU.

Quels pesticides sont-ils les plus utilisés? En quelles quantités? Dans quels départements en commercialise-t-on le plus? Toutes ces informations ont été compilées par l’association Générations futures dans une série de cartes instructives.

 

A la recherche d’un département économe en pesticides? Choisissez une zone de montagne (Alpes-Maritimes), de moyenne montagne (Belfort) ou herbagère (Lozère). Evitez la proximité des vignes (Aube, Gironde), des arbres fruitiers (Vaucluse, Loire-Atlantique) ou des champs de pommes de terre (Pas-de-Calais). Voici quelques-uns des enseignements des cartes publiés ce 20 novembre par l’association Générations futures. En épluchant la base de données des ventes des distributeurs, qui recense les tonnages de pesticides vendus dans chaque département (ici), l’association a voulu rendre visibles des données qui n’ont été rendues publiques qu’en 2016, après intervention de la commission d’accès aux documents administratifs.

Comme ces quantités ne sont représentatives que des ventes déclarées, et non des usages, GF les a rapportées à la surface agricole utile (SAU) de chaque département. Le Vaucluse, avec 21,9 kilogrammes de pesticides utilisés par an par hectare, est premier sur le podium, suivi du Gard (14,2 kg) et de la Gironde (13 kg). Terre agricole s’il en est, la Bretagne sort son épingle du jeu, «car c’est une région polluée par l’élevage et l’agro-alimentaire, mais avec relativement peu de grandes cultures», détaille Nadine Lauverjat, de GF. Et comme cette intensité de traitement ne dit rien de la dangerosité des produits utilisés, l’association a également agrégé les informations disponibles sur les pesticides vendus en fonction de leur caractère cancérogène, mutagène ou reprotoxique (CMR) ou de leurs effets endocriniens.

En outre, a constaté Nadine Lauverjat, ces cartes permettent de voir qu’à usages égaux, les produits utilisés ne sont pas aussi dangereux d’un département à l’autre. «Entre la Seine-et-Marne et l’Aube, terres de grandes cultures, les produits n’ont pas la même dangerosité, ce qui laisse penser que des agriculteurs ont changé leurs pratiques.». Rayon perturbateurs endocriniens, ce sont les fongicides, très utilisés en viticulture, qui font la différence dans l’Aube (avec le champagne), la Gironde (avec le vin) et le Vaucluse (avec le vin et les cultures de fruits et de légumes).

GF souhaiterait que ces données, qui pourraient être prochainement publiées commune par commune en fonction de l’adresse des acheteurs selon Le Parisien, puissent être accessibles à la parcelle par les riverains. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), dans une décision de novembre 2016, avait estimé que «le droit à l’information relative aux émissions dans l’environnement inclut les informations sur les pesticides, leur nature et les effets de leurs utilisations». GF incite d’ailleurs les riverains, sur la base de cette jurisprudence, à demander communication des molécules employées à l’agriculteur qui traite. Cet ‘état zéro’ augure de nouvelles publications (dont une prochaine carte des pesticides utilisés en agriculture biologique), pour ce qui se veut un ‘observatoire’ année après année.

 



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