La campylobactériose, maladie de riches

Le 02 juillet 2014 par Romain Loury
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Les beaux quartiers, cible de Campylobacter
Les beaux quartiers, cible de Campylobacter
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Aux Etats-Unis, les campylobactérioses sont plus fréquentes dans les mieux plus favorisés. Les raisons probables en sont simples: plus de repas au restaurant, plus de voyages à l’étranger, suggère une étude américaine publiée dans la revue Emerging Infectious Diseases.

Pour des maladies chroniques telles que le cancer, le diabète ou l’obésité, les inégalités de santé vont souvent dans le même sens que celles d’ordre financier: plus on est pauvre, plus on a de risque de tomber malade. Ce ne semble pas être le cas pour certaines infections d’origine alimentaire, du moins pour les campylobactérioses.

Kelly Bemis, de la Yale School of Public Health (Connecticut), et ses collègues confirment un phénomène déjà suggéré ailleurs, notamment au Danemark, en Ecosse et en Australie: c’est dans les beaux quartiers que Campylobacter fait le plus de ravages. Ne disposant pas des données socio-économiques des personnes inscrites dans le système de surveillance FoodNet, les chercheurs ont analysé les quartiers selon le pourcentage d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté.

C’est ainsi que dans les quartiers les plus pauvres (ceux où l’on dénombre plus de 20% de foyers pauvres), le taux annuel de campylobactériose n’est que de 10,1 cas pour 100.000 personnes, alors qu’il grimpe à 16,1 cas pour 100.000 personnes dans les quartiers les plus riches (moins de 5% de foyers pauvres).

Selon les chercheurs, c’est là une conséquence de fréquents dîners au restaurant et de voyages à l’étranger, certes marqueurs de bien-être social, mais aussi responsables de maladies alimentaires. Si l’explication tient la route, encore faut-il comprendre pourquoi les résultats sont diamétralement opposés chez les enfants: les plus pauvres sont ceux qui ont le plus de chances de contracter une campylobactériose.

Souvent liées à la consommation de viande de poulet, ces infections arrivent en deuxième position aux Etats-Unis derrière les salmonelles. En Europe, les campylobactérioses sont  au contraire les plus fréquemment rapportées (voir le JDSA).



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