La Californie votera sur les OGM

Le 21 août 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les pro-étiquetage ont consacré 10 fois moins d'agent au lobbying que l'agro-business.
Les pro-étiquetage ont consacré 10 fois moins d'agent au lobbying que l'agro-business.

Comme les Suisses, les Californiens affectionnent la démocratie directe. Et régulièrement, ils se prononcent sur des questions sociétales, lors de référendums. En juin dernier, ils ont ainsi repoussé une «proposition» (c’est le nom des votations dans le Golden State) visant à instaurer une taxe de un dollar sur chaque paquet de cigarette pour financer la recherche sur le cancer et les programmes de luttes anti-tabac.

En novembre prochain, en même temps qu’ils éliront les grands électeurs qui désigneront le prochain président des Etats-Unis, les Californiens devront répondre à toute une série de «propositions», dont l’une fait s’écharper pro et anti-OGM.

La proposition 37 entend obliger les fabricants de produits alimentaires ou agroalimentaires à spécifier expressément la présence d’organismes génétiquement modifiés sur l’étiquette. Une idée soutenue par 69% des Californiens, selon un récent sondage.

Les partisans de cet étiquetage estiment que les consommateurs ont le droit de savoir ce qu’ils mangent. A contrario, les opposants soulignent qu’une telle information renforcerait l’hostilité des consommateurs aux produits GM et accroitrait les coûts de production. Ils craignent aussi d’éventuelles poursuites judiciaires à l’encontre des producteurs peu transparents.

Les géants de l’agroalimentaire sont particulièrement visés par le texte californien: 94% du soja et 88% du maïs cultivés aux Etats-Unis sont génétiquement modifiés, rappelle le département à l’agriculture.

Pour tenter de peser sur le résultat du scrutin de novembre, les firmes de l’agrochimie et leurs principaux clients ne mégotent pas. Selon l’organisation Maplight (qui suit l’argent du lobbying et du financement politique), ces entreprises ont déjà consacré 25 millions de dollars (20 millions d’euros) pour dénoncer les conséquences de la proposition 37. Parmi elles, on trouve Monsanto (4,2 M$ - 3,37 M€), Dupont de Nemours (4 M$ - 3,2 M€), Pepsico (1,7 M$ - 1,36 M€), BASF et Bayer Cropscience (1,6 M$ - 1,28 M€), Dow Agroscience (1,2 M$ - 0,96 M€), Nestlé ou Coca Cola (1,1 M$ - 0,88 M€).

En face, les promoteurs de l’étiquetage (souvent des entreprises liées à l’agriculture biologique) n’ont levé que 2 M$: moins de 10 fois moins que leurs contradicteurs.

Les montants investis dans la communication et le lobbying ne présument en rien du résultat final. Il y a 4 ans, le secteur énergétique avait dépensé des millions de dollars pour faire annuler, grâce à la proposition 23, l’entrée en application du système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre. Sans succès.



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