La Californie pourrait encadrer l’usage animal des antibiotiques

Le 07 mai 2014 par Romain Loury
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Finis les antibios au goûter
Finis les antibios au goûter
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Le Golden State pourrait bientôt devenir le premier Etat américain à interdire l’usage d’antibiotiques comme promoteurs de croissance dans les élevages, grâce à un amendement adopté jeudi 1er mai au Sénat de l’Etat.

Selon cet amendement du sénateur démocrate Jerry Hill (13e district de Californie, San Mateo), tout antibiotique utilisé chez l’homme -donc jugé critique pour la santé humaine- ne pourra plus être utilisé à usage non médical dans les élevages animaux. Il sera donc interdit de les utiliser comme promoteurs de croissance, et ils ne pourront être délivrés que sur prescription d’un vétérinaire.

Le texte, qui doit désormais être approuvé par l’Assemblée de l’Etat de Californie, ne fixe en revanche aucune restriction quant aux antibiotiques destinés au seul usage animal, que l’homme n’utilise pas.

Vu de ce côté de l’Atlantique, où l’UE a interdit en 2006 l’usage promoteur de croissance de tout antibiotique, le texte peut paraître un peu timoré. S’il passait, il ferait pourtant de la Californie le premier Etat américain à légiférer sur le sujet.

Une démarche volontaire prônée par la FDA

Face à la sérieuse menace sanitaire posée par l’antibiorésistance, la Food and Drug Administration (FDA) a pour l’instant opté pour des démarches volontaires. D’abord critiquée par les associations, l’approche semble toutefois avoir porté ses fruits, selon un récent bilan de la FDA, selon qui l’usage comme promoteur de croissance serait en passe de disparaître grâce aux concessions des laboratoires (voir le JDSA).

Hormis l’usage promoteur de croissance, les antibiotiques sont utilisés pour le traitement des animaux malades, ainsi qu’en prévention de la propagation d’une maladie dans un élevage lorsqu’un animal touché y est identifié.

Ce dernier usage, qui consiste à diluer des doses subthérapeutiques d’antibiotiques dans l’eau ou l’alimentation des animaux, fait aussi l’objet de nombreuses critiques, également en Europe. Ce protocole d’utilisation est d’ailleurs le même que celui utilisé pour accélérer la croissance.

L’OMS sonne l’alarme

Dans son premier rapport publié le 30 avril sur la pharmaco-résistance, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète du niveau atteint par la résistance aux médicaments dans le monde, qu’ils ciblent des bactéries, des virus, des champignons ou des parasites.

Selon Keiji Fukuda, sous-directeur général de l’OMS, «à moins que les nombreux acteurs concernés agissent d’urgence, de manière coordonnée, le monde s’achemine vers une ère post-antibiotiques, où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer».

Selon les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), les bactéries antibio-résistantes touchent chaque année au moins 2 millions d’Américains, et en tueraient 23.000, pour un coût sanitaire estimé à 20 milliards de dollars (14,4 Md€) (voir le JDSA). Les élevages animaux accaparent 74% des antibiotiques consommés chaque année dans le pays.



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