La bronchite chronique aussi d’origine professionnelle

Le 03 juillet 2007 par Claire Avignon
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La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), souvent appelée bronchite des fumeurs, a une cause professionnelle dans 15% des cas, selon le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Selon des données du BEH datant de 2000 à 2003, la BPCO est mentionnée comme cause d'environ 3% des décès, et pour la moitié des cas comme cause initiale. Il s'agit d'un terme regroupant les affections pulmonaires chroniques qui gênent la respiration par obstruction des bronches . En France et dans le monde, la maladie reste sous-diagnostiquée, et donc «la mortalité liée à la BPCO reste vraisemblablement sous-estimée.»



Que dire alors de la BPCO d'origine professionnelle? Selon divers études conduites par l'American thoracic society (ATS), les risques attribuables à des facteurs professionnels vont de 11% à 26%. Soit une médiane (1) de 15%. Cette estimation est corroborée par deux études américaines et une autre norvégienne.

La BCPO est reconnue comme maladie professionnelle depuis 1988 pour les mineurs de charbon. «Actuellement, cinq tableaux du régime général de la Sécurité sociale et deux tableaux du régime agricole prévoient l'indemnisation d'une BPCO ou d'une insuffisance respiratoire chronique obstructive professionnelle, mais de façon encore très restrictive», expliquent les auteurs de l'article. Une reconnaissance «hors tableau» (2) a été instaurée en 1993 mais elle est «souvent difficile, voire impossible, à établir, dans le cas où il existe un tabagisme modéré ou élevé associé».

Bref, entre le sous-diagnostic des affections pulmonaires chroniques et le sous-diagnostic en tant que maladie professionnelle, on est encore loin, en France, de reconnaître les 15% de personnes atteintes de BPCO d'origine professionnelle.

Le risque professionnel provient de l'exposition aux poussières, et de manière moins marquée, aux gaz, vapeurs et aux fumées. La maladie touche surtout les mineurs de charbon, mais également les mineurs d'or, de potasse et de fer. Une hausse de mortalité par BPCO a également été observée pour les travailleurs du BTP. «Le creusement des tunnels, qui engendre des expositions importantes à des particules minérales, à des oxydes d'azote et à des brouillards d'huiles minérales, ainsi que l'asphaltage des routes, comportent un risque de BPCO particulièrement élevé», est-il noté dans le BEH. La fonderie, la sidérurgie, l'industrie textile et le milieu agricole (milieu céréalier, élevage de porcs et production laitière) présentent également des risques.



(1) valeur centrale d'un caractère séparant une population en deux parties égales

(2) c'est-à-dire ne correspondant pas aux critères des tableaux de la sécurité sociale




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