La Bretagne réclame le droit à l’expérimentation sur l’eau

Le 05 décembre 2013 par Stéphanie Senet
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En charge de l'environnement au conseil régional, Thierry Burlot revendique les spécificités de la Bretagne
En charge de l'environnement au conseil régional, Thierry Burlot revendique les spécificités de la Bretagne

En prévision du prochain Carrefour de l’eau, qui se tiendra les 29 et 30 janvier 2014 à Rennes, la région Bretagne réitère sa demande d’expérimenter localement la politique de l’eau. Un projet que le ministère de l’écologie pourrait valider.

Le Pacte d’avenir pour la Bretagne, annoncé le 4 décembre par le Premier ministre et doté de 2 milliards d’euros, aura-t-il son versant environnemental? Le conseil régional réclame en effet une compétence spécifique sur la politique de l’eau, pour pouvoir coordonner les actions et leurs financements. Depuis trois mandatures, les élus n’en démordent pas et veulent plus que jamais le faire savoir. Ils justifient ce «droit à l’expérimentation» par deux spécificités régionales. «La Bretagne est la seule à avoir un bassin hydrographique quasiment autonome. Toute l’eau qui tombe s’y infiltre et s’y jette. En plus, le massif armoricain est très largement perméable. Nous n’avons que très peu de nappes souterraines», explique au JDLE Thierry Burlot, vice-président du conseil régional, en charge de l’environnement.

 

Cette demande vise en fait à contourner deux situations, que la région vit comme des obstacles: le manque de cohésion régionale des programmes d’action (contre les algues vertes ou contre les pollutions bactériologiques), actuellement développés à l’échelon local par l’intermédiaire des 21 schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), ainsi que la configuration de l’Agence de l’eau, qui coordonne de son côté le schéma directeur (Sdage) à l’échelle des bassins Loire-Bretagne.

 

L’autonomie par un Sage breton

 

«Nous souhaiterions à terme voir émerger un Sage à l’échelle de la Bretagne et avoir une compétence particulière au sein de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, car nos problématiques sont très différentes de la Loire», détaille Thierry Burlot. La solution réside selon lui dans une politique «bretonne», dotée d’un guichet unique de financement, regroupant les subventions de l’Europe, de l’Etat, des départements, et bien sûr de la région, qui finance les Sage à hauteur de 4 M€ en moyenne par an.

 

Une région sous haute surveillance

 

Jusqu’à présent, l’Etat a toujours refusé cette autonomie, en raison de la forte pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole, source d’un contentieux entre la France et la Commission européenne. Choc de simplification oblige, «la préfecture de région y est favorable et nous avons reçu un courrier du directeur de l’eau au ministère de l’écologie, Laurent Roy, nous demandant de travailler sur ce projet», affirme l’élu régional. La totalité de la région fait encore partie des zones vulnérables revues et corrigées par le ministère de l’écologie fin décembre 2012.
 



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