La Bretagne lance sa COP régionale

Le 07 mars 2017 par Marine Jobert
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Les algues vertes, la plaie bretonne.
Les algues vertes, la plaie bretonne.

Un an et demi de réflexions autour de l’eau, de l’énergie, de la biodiversité, de la mer et du littoral. C’est le programme des festivités de la COP Bretagne, qui débute à Saint-Malo jeudi 9 mars.

La région Bretagne a «beaucoup de choses à se faire pardonner en matière d’environnement». Celui qui parle ainsi n’a aucun complexe à jeter un regard critique dans le rétroviseur, puisque c’est qu’il occupe le fauteuil de vice-président chargé de l’environnement à la région Bretagne depuis 2014. Thierry Burlot le sait: sa chère région a par trop fait la Une pour ses épisodes d’algues vertes, et attiré les regards réprobateurs de Bruxelles pour ses folles concentrations en nitrates. «5 bassins versants sur 7 sont sortis du contentieux l’an passé», annonce fièrement l’élu socialiste. Même si «tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes», il s’agit de regarder devant. D’où l’idée d’une COP Bretagne, pour phosphorer entre associatifs, agriculteurs, aménageurs et industriels pendant un an et demi autour de l’eau, de l’énergie, de la biodiversité, de la mer et du littoral. L’acte I de ce ‘Grenelle’ à la mode de Bretagne se tient à Saint-Malo le 9 mars.

La marque Bretagne

Au programme, des ateliers sur l’adaptation au changement climatique. Y a-t-il des enjeux spécifiques à la Bretagne?, se demanderont les intervenants, pendant que d’autres questionneront les leviers à actionner pour convaincre les indécis et renouveler l'engagement citoyen pour l'environnement. Comment articuler un centre-Bretagne où les écoles ferment et un littoral qui n’en peut mais à force d’attractivité? Impact foncier, modes de déplacements, consommation des ressources, atteinte à la biodiversité... Quel modèle breton peut-il s’inventer pour un développement durable des territoires, «gagnant-gagnant pour l’environnement, l’économie et le bien-être des habitants»?, s’interroge l’exécutif régional. «Nous voulons faire de l’environnement une ‘marque génétique’ de la Bretagne», martèle Thierry Burlot, qui aimerait enfin ne plus être dans le curatif et anticiper les situations.

Quelle agriculture pour l’avenir?

Certes. Reste que la prégnance -et les nuisances- de l’industrie agro-alimentaire et de ses fournisseurs grèvent le capital environnemental du territoire. Tous les acteurs de l’agriculture et de l’agro-alimentaire seront «en force» autour de la table, assure l’élu. «Ils ont compris que le sujet, ça n’est plus la production de masse. Aujourd’hui, les trois piliers sont la sécurité alimentaire, la traçabilité et une production de bonne qualité.» De belles paroles? «Il ne s’agit pas d’opposer, mais de dire qu’on ne pourra plus produire sans tenir compte des dimensions environnementales.» Le sujet est-il vraiment sur la table? Aucune des tables rondes n’y est explicitement consacrée. «Dans l’une des premières régions agricoles de France, alors que l’agriculture exerce une pression très forte sur les ressources en eau, sur l’air et les sols, où elle façonne les paysages, le projet régional ne peut pas ainsi écarter la question de la transition de l’agriculture», déplore Gilles Huet, d’Eaux et rivières de Bretagne.

Dépendante à 80% pour l’énergie

Des ateliers seront consacrés à la transition énergétique, dans une région «d’une extrême fragilité», souligne Thierry Burlot, puisque la région est dépendante à 80% pour son énergie. «Il faut repenser l’habitat, les transports, la production électrique…». Le tout en lien avec le développement maritime et littoral. Enfin, un dernier atelier interrogera les mutations technologiques. Tout ce qui est possible est-il souhaitable?, se demanderont les participants, qui discuteront des enjeux de la transition numérique.

 



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