La Bretagne inaugure son agence régionale de la biodiversité

Le 14 janvier 2020 par Stéphanie Senet
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Quand les espèces désertent le bocage
Quand les espèces désertent le bocage

L’agence bretonne de la biodiversité (ABB) a été officiellement installée, ce 14 janvier à Brest. Elle aura fort à faire : un quart des espèces sont menacées sur le territoire.

 

Les délais ont été tenus. Annoncé pour fin 2019, le lancement de l’ABB a été officialisé ce jour à Brest, lors de son premier conseil d’administration présidé par Thierry Burlot, en charge de l’environnement à la région Bretagne.

Menaces sur le vivant. 339 espèces sont menacées de disparition à court terme selon l’Observatoire de l’environnement en Bretagne (OEB). Soit 21% des espèces recensées sur le territoire. Sont touchés: 100% des mammifères marins et crustacés décapodes d’eau douce, 43% des oiseaux nicheurs et des reptiles, 30% des papillons de jour et 22% des oiseaux migrateurs.

Première feuille de route

«La feuille de route 2020-2023 vient d’être adoptée», affirme au JDLE Sylvie Detoc, vice-présidente de l’ABB et directrice régionale du nouvel Office français de la biodiversité (OFB). Elle vise l’installation de l’équipe qui sera dirigée par Florent Vilbert à partir du 14 février et la création d’une cellule d’appui aux porteurs de projets, comme la fédération des chasseurs de Côte d’Armor qui développe de nouveaux moyens de préservation du bocage, en collaboration avec l’Inrae.

L’ABB est l’une des sept agences régionales de la biodiversité créées en France. Son conseil d’administration est composé de trois collèges représentant les collectivités, l’Etat et les usagers (associations de protection de la nature, fédérations de pêcheurs et de chasseurs, chambres d’agriculture et d’industrie, propriétaires forestiers).

Formations et engagements

«L’objectif est de mobiliser des financements supplémentaires de l’Etat, la région ou des départements, et de tester de nouveaux modes de financement, comme les paiements pour services environnementaux», explique la vice-présidente de l’agence créée par un arrêté préfectoral du 25 octobre 2019. Ces fonds seront destinés «à former les élus, dans le contexte des nouvelles équipes issues des élections municipales en mars, à déployer les aires marines éducatives et à lancer en Bretagne des territoires engagés pour la nature».

Un budget rallongé

La région bretonne ayant rallongé son financement[1], l’ABB dispose d’un budget de 630.000 euros pour 2020, assuré pour moitié par la région et pour moitié par l’OFB.

Une petite somme face à l’immensité des enjeux: enrayer l’érosion de la biodiversité régionale (cf encadré), due à l’artificialisation des sols (le taux d’artificialisation breton est le 3ème de l’Hexagone), la fragmentation des habitats et la pollution des milieux naturels, en particulier les eaux de surface et souterraines.

Si la Bretagne compte 7 réserves nationales, 8 réserves régionales, 30 zones Natura 2000 et 2 parcs naturels marins, seulement 0,3% de son territoire bénéficie d’une protection «forte», selon Sylvie Detoc.

 



[1] Elle devait initialement être dotée de 400.000 euros pour sa première année d’exercice