ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article sur WikioPartager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedinPartager cette page sous TwitterS'abonner au flux RSS du JDLE

La boîte à outils du débat sur la transition

Le 29 novembre 2012 par Stéphanie Senet
A Laurence Tubiana, la tâche de faciliter le débat
A Laurence Tubiana, la tâche de faciliter le débat

Le débat sur la transition énergétique a été officiellement lancé ce 29 novembre avec la première réunion mensuelle de son conseil national. Une instance encore incomplète, qui doit préciser sa tâche…

Alors que le président François Hollande visitait la société Lucibel, un fabricant d’ampoules Led, le débat sur la transition énergétique a enfin vu la lumière au ministère de l’écologie, ce 29 novembre à 15 heures.

Une conférence de presse, censée marquer l’heureux événement, a précisé les détails de son organisation formelle et a apporté de maigres précisions sur son contenu.

Elle a réuni le climatologue Jean Jouzel, le consultant Bruno Rebelle, la présidente de l’Iddri Laurence Tubiana, l’ancienne dirigeante d’Areva Anne Lauvergeon, et l’ancien vice-président de la Commission nationale du débat public Georges Mercadal.

Il manquait encore à l’appel du comité de pilotage Michel Rollier, l’ancien patron de Michelin, actuellement en déplacement.

Pour accompagner cette équipe, la ministre de l’écologie Delphine Batho confirme sa présidence du comité des sages malgré l’opposition des écologistes.

De son côté, l’économiste de l’environnement Alain Grandjean, à la tête du comité des experts, veillera à apporter les éclairages nécessaires à partir d’expertises scientifiques internationales, en s’appuyant sur des contributions synthétiques écrites ou orales. Les experts seront désignés le 15 décembre.

Véritable pilote opérationnel du débat, le secrétaire général Thierry Wahl, actuellement sur son lit d’hôpital, est quant à lui attendu avec impatience…

Avec «un retard à l’allumage», selon l’expression de Laurence Tubiana, la première réunion du conseil national du débat sur la transition énergétique s’est donc tenue ce 29 novembre pour caler la Charte et fixer le calendrier de travail.

Sur le papier, 112 membres devaient le composer, issus de 7 collèges (des représentants des syndicats, des employeurs, des ONG environnementales, des associations de consommateurs et chambres consulaires, des élus locaux, des parlementaires et des représentants de l'Etat).

En réalité, «certains groupes sont encore sous-représentés tandis que d’autres groupes doivent être modifiés», a reconnu Delphine Batho. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui déplore dans un communiqué de ce jour n’avoir toujours pas été invité, peut être rassuré. «Nous allons trouver une solution pour qu’il puisse participer, car effectivement, il ne correspond pas aux critères de représentativité fixés pour le débat», a précisé Laurence Tubiana.

Le SER pourrait rejoindre le «groupe de contact des entreprises de l’énergie», qui doit représenter la filière au sens très large, depuis les producteurs d’énergie jusqu’aux fabricants de matériaux, selon Bruno Rebelle. «L’idée est de pouvoir savoir si telle option technologique est réalisable et si oui, à quelle échéance», a ajouté l’ancien responsable de Vétérinaires sans frontières.

Un «groupe de contact avec les collectivités» est aussi constitué pour la mise en musique locale, tandis qu’un «comité citoyen» aura la lourde tâche de «représenter la France dans sa diversité socio-culturelle et géographique». Il devra concrètement récupérer les questions des citoyens et veiller au bon fonctionnement du débat. Chacun pourra ainsi s’exprimer sur un forum créé sur le prochain site internet du débat.

Pour l’heure, on sait seulement que le comité de pilotage se réunira une fois par semaine tandis que le conseil national se retrouvera une fois par mois, par groupe de travail, jusqu’au mois de juin. Le risque est grand de passer à côté du débat lorsque l’on réunit 112 personnes sur seulement 6 jours. «Nous n’imaginons pas de participer à des débats tels qu’ils sont prévus par le calendrier», a d’ailleurs réagi France Nature Environnement. Greenpeace et Les Amis de la terre ont déjà jeté l’éponge (voir JDLE).

«Il s’agit avant tout d’une mise en place. Le plan de travail sera réellement publié à l’issue de la deuxième réunion du conseil, prévue le 13 décembre», a rassuré Laurence Tubiana, désignée comme facilitatrice du débat.

Si la boîte à outils du débat commence à se profiler, le flou règne toujours sur les thèmes qui l’animeront. Delphine Batho a rappelé que le cadre était donné par la feuille de route de la transition publiée à l’issue de la Conférence environnementale: réduire par 3 ou par 4 des émissions de gaz à effet de serre, développer les énergies renouvelables, diminuer la part du nucléaire de 75 à 50% de la consommation électrique, et trouver des financements innovants.

La grande question, c’est comment. La ministre répète qu’il n’y aura «aucun tabou» (en clair, on parlera de nucléaire et de gaz de schiste). Plus grave, Laurence Tubiana a opéré un recadrage sur les gaz de schiste: «Si on pense que le débat se résumera à cette question, si on n’arrive pas à avoir un débat sur l’énergie, sur la réduction de la demande et sur les évolutions de la société, alors on ne parviendra pas à tenir nos engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2050. Personnellement, je n’ai pas de temps à perdre d’ici le mois de juin pour parler de gaz de schiste».

Le débat pose finalement la question cruciale de la temporalité. Comment gérer l’urgence et le long terme en un seul espace? «La vie va continuer», a résumé Bruno Rebelle, en référence aux dossiers en cours comme l’appel d’offres sur l’éolien. «Mais le principal objectif est de tracer une trajectoire jusqu’à 2050 et d’imaginer les profondes mutations qui l’accompagneront.» A bon entendeur.

http://www.journaldelenvironnement.net/article/debat-sur-la-transition-mode-d-emploi,31821



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor