La Blockchain s’invite dans les marchés de l’énergie

Le 09 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le commerce d'électricité va s'ouvrir aux particuliers.
Le commerce d'électricité va s'ouvrir aux particuliers.
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E.ON et ENEL ont conclu, vendredi 6 octobre, leur premier contrat de vente d’électricité en Bitcoin. Cette première annonce, peut-être, une nouvelle ère dans la commercialisation de l’énergie, en général, et de l’électricité, en particulier.

 

Rien de concret ne vient spontanément à l’esprit à son évocation. Et pourtant, la Blockchain pourrait bien révolutionner la commercialisation de l’électricité et des autres sources d’énergie. De quoi s’agit-il? Imaginée au début du siècle, la Blockchain est un système d’échange informatique, pair à pair, réputé infalsifiable.

Copié à des centaines d’exemplaires (dans des ordinateurs), il est aisément modifiable (chaque transaction, chaque message est une mise à jour), facile d’accès et totalement indestructible. «C’est un très grand cahier que, librement et gratuitement, tout le monde [peut] lire, sur lequel chacun [peut] écrire mais qui [est] impossible à modifier et indestructible», résumait dans un article publié par Pour la Science le mathématicien Jean-Paul Delahaye.

Echange rapide

Son principe est ‘relativement’ simple. Deux acteurs s’échangent un bien ou un service. La transaction (réglée en monnaie cryptographique, type Bitcoin) est enregistrée et regroupée avec d’autres dans un bloc de données. Celui-ci est validé par les nœuds du réseau, dénommés ‘mineurs’. Une fois validé, le bloc est ajouté à une chaîne de blocs (la fameuse Blockchain) consultable par les utilisateurs du réseau. Dans le même temps, l’émetteur de la facture voit son compte électronique immédiatement crédité du montant convenu. Le tout ne prend que quelques instants.

Pas d’intermédiaire

Ce grand livre de comptes ne nécessite ni autorité centrale, ni banque: d’où un gain de temps et d’argent pour ses utilisateurs. De quoi séduire les énergéticiens européens, malmenés par la faiblesse des prix de gros de l’électricité ou des énergies fossiles.

Au début de l’année, une trentaine d’entre eux (dont Total) ont accepté, moyennant un ticket d’entrée de 20.000 euros, de tester une plateforme électronique de commerce d’énergies utilisant la technologie Blockchain. Baptisée Enerchain, elle permet à ses usagers d’échanger, en toute discrétion et sécurité, argent électronique contre mégawattheures (MWh). Et en direct.

Une monnaie énergivore. Dans un article publié en 2014, deux chercheurs ont estimé que le commerce électronique utilisant le Bitcoin consommait déjà (par les nombreux ordinateurs mis en jeu) autant d’électricité que l’Irlande. A supposer que la masse monétaire mondiale soit intégralement convertie en cryptomonnaie, les échanges pourraient consommer trois fois plus d’électricité que la… Chine.

Le 6 octobre, l’énergéticien E.ON a ainsi vendu ses premiers électrons via cette nouvelle forme de commerce électronique. L’ENEL italienne l’a payé en Bitcoin, rubis sur l’ongle et en quelques secondes.

En permettant à des millions d’utilisateurs d’acheter ou de vendre de l’énergie, sans intermédiaire, cette technologie encore expérimentale pourrait révolutionner le secteur. Rien n’interdit plus d’imaginer des autoproducteurs d’électricité photovoltaïque, par exemple, vendant leurs kilowattheures (kWh) à leurs voisins ou à un client situé à plusieurs centaines de kilomètres. La Blockchain facilite aussi les échanges entre propriétaires de véhicules électriques et gestionnaires du réseau d’électricité qui peuvent, selon les moments de la journée, devenir client ou fournisseur de son partenaire.

En mai dernier, 10 énergéticiens mondiaux (dont Engie, Shell, Statoil ou Tepco) ont uni leur force, avec le Rocky Mountain Institute, pour accélérer le développement de la technologie Blockchain dans les milieux de l’énergie.



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