La biosurveillance : un outil encore sous-utilisé ?

Le 07 décembre 2010 par Sabine Casalonga
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A l’occasion de la publication de retours d’expérience concernant « la surveillance biologique des expositions aux substances chimiques », les Entreprises pour l’environnement (EpE) ont organisé mardi 7 décembre une rencontre mettant en lumière les atouts et les limites de cette démarche.

La surveillance biologique des expositions (SBE) ou « biomonitoring » consiste à identifier et mesurer directement dans les organismes vivants ou leurs sécrétions (humain, animal ou végétal) des substances chimiques, leurs métabolites ou les effets biologiques précoces qu’elles induisent. Chez l’homme, elle permet de réaliser une évaluation des risques plus fine et individuelle.

Très répandue aux Etats-Unis, au Canada et en Allemagne, la biosurveillance l’est beaucoup moins en France. Hormis pour le plomb (dont la surveillance biologique des expositions professionnelles est obligatoire depuis 1988), la démarche est mise en œuvre de façon volontaire dans les entreprises, et réalisée par le médecin du travail.

Les biomarqueurs les plus fréquemment mesurés chez les travailleurs sont les métaux (plomb, cadmium, mercure, etc.) et d’autres substances telles que benzène, styrène, chlorobenzène, etc.

Cette méthode permet par ailleurs d’évaluer l’exposition aux polluants chez des riverains d’un site industriel, ou l’état de l’environnement – via des mesures sur des lichens, invertébrés ou poissons par exemple - dans le cadre d’une politique de prévention. Cet outil a ainsi été largement utilisé pour évaluer l’exposition des riverains d’incinérateurs de déchets. Les intervenants au colloque ont d’ailleurs souligné l’intérêt de cette méthode pour favoriser – ou renouer - le dialogue avec les parties prenantes.

En santé au travail, l’outil peut être « un levier de prévention important », souligne Geneviève Thiaucourt, coordinatrice médicale chez Solvay. Depuis les années 1990, l’entreprise chimique a ainsi suivi l’exposition au mercure et au plomb de ses salariés sur tous ses sites de production. Autre atout, les résultats permettent d’alimenter le dossier individuel de traçabilité des expositions et de répondre aux attentes du personnel en matière de santé. « La SBE permet d’évaluer l’efficacité des mesures de protection individuelles et collectives dans les entreprises et de dépister éventuellement les groupes à risques », précise Cécile Joucan, responsable du pôle Environnement d’EpE.

Outre son coût élevé (500 € pour un test de dioxine chez l’homme, 20 à 50 € pour les métaux lourds), la biosurveillance est limitée par un nombre réduit de biomarqueurs, des lacunes de connaissances et son caractère parfois invasif (prise de sang).

Dans le cadre du deuxième plan national Santé-environnement (PNSE II), une étude de biosurveillance va être lancée auprès de 5.000 personnes afin de mesurer une vingtaine de substances préoccupantes dont des métaux lourds, des pesticides et des phtalates. L’Ineris travaille en outre sur un projet de surveillance de l’exposition des salariés de bureaux aux retardateurs de flamme bromé.



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