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La bioingénierie sauvera-t-elle le corail?

Le 03 février 2015 par Romain Loury
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Menace(s) sur les récifs coralliens
Menace(s) sur les récifs coralliens
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Face au réchauffement climatique, l’homme doit-il aider les coraux à s’en sortir par des méthodes de bioingénierie? Pour des chercheurs hawaïens et australiens, signataires d’un article publié dans les Proceedings in the National Academy of Sciences (Pnas), cela ne fait pas de doute. Reste à savoir de quelle manière.

Réchauffement, acidification, étoiles de mer qui les dévorent, cyclones, pêche destructrice, eutrophisation… menacés de toute part, les coraux sont dans un état préoccupant. Et avec eux, l’ensemble de l’écosystème des mers tropicales dont ils constituent la base.

Or le temps presse: s’il est évidemment nécessaire d’agir sur les causes de ce déclin, celui-ci pourrait être trop rapide pour être freiné à temps, déplorent Madeleine van Oppen, de l’Australian Institute of Marine Science de Townsville (Queensland), et ses collègues de l’Hawai Institute of Marine Biology à Kaneohe. D’où l’idée d’«interventions plus directes»,  par des méthodes d’ingénierie du vivant.

Sans aller jusqu’à la création des coraux GM, les chercheurs évoquent plusieurs approches «moins drastiques». Notamment par adaptation, avec sélection de variants génétiques résistants au changement au cours, ou par acclimatation, sans modifier le contenu génétique mais en agissant sur l’expression naturelle des gènes. Dans les deux cas, il s’agit de donner un coup de pouce évolutif aux coraux.

Plusieurs pistes de recherche

Parmi les grandes pistes évoquées par les chercheurs, celle qui consisterait, en bassin, à soumettre des coraux au stress qu’ils endurent à l’état naturel, puis de les réimplanter. Autre possibilité, le croisement d’une espèce menacée avec l’une de ses cousines plus résistante au stress. Enfin, les chercheurs évoquent la possibilité d’agir sur la composition de la flore microbienne associée aux coraux, voire en modifiant le Symbiodinium, algue en symbiose avec le corail.

Conscients de la controverse que pourrait engendrer une telle évolution insufflée par l’homme –et ce pour surpasser des risques qu’il a lui-même créés-, les chercheurs appellent à ne pas perdre de temps. Si la recherche en laboratoire doit commencer au plus tôt, il s’agit selon eux de s’interroger dès maintenant sur les aspects éthiques et socioéconomiques de chacune des techniques, puis de lancer des expériences d’implantation sur le terrain.

Crucial pour l’environnement et pour l’homme

Outre leur importance pour les écosystèmes marins, «la valeur économique des récifs coralliens, que ce soit pour la pêche, le tourisme, la découverte de médicaments et la protection du littoral, est inestimable. Il est de notre responsabilité de trouver des solutions afin de restaurer ceux qui sont endommagés, l’évolution assistée demeurant une possibilité à explorer», commentent les chercheurs.

Si l’avenir n’est pas des plus radieux pour les coraux, quelques études récentes ont de quoi donner un peu d’espoir quant à la capacité de résistance de certains coraux. Début décembre 2014, une équipe australienne a montré que de jeunes coraux pouvaient affronter une eau plus acide en bassin, lorsqu’ils étaient confrontés à une hausse subite du taux de CO2 dans l’air. Et en avril 2014, une autre étude révélait la capacité de certains à s’acclimater rapidement à une hausse de température.



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