La biodiversité, vaccin universel

Le 15 juin 2015 par Romain Loury
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Nature saccagée, danger pour l'homme
Nature saccagée, danger pour l'homme

La perte de biodiversité constitue une menace aussi bien pour la santé humaine que pour l’agriculture. Selon une étude américaine publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), les organismes pathogènes feraient en effet plus de ravages lorsque le nombre d’espèces décroît dans le milieu.

Une étude française l’a récemment révélé: 7% des espèces animales décrites par l’homme seraient déjà éteintes. Or simultanément à cette «sixième crise d’extinction», il semble que la fréquence et la sévérité des maladies infectieuses touchant l’homme, la faune sauvage et les espèces domestiquées ne cessent de croître.

Y a-t-il un lien entre les deux phénomènes? Certains experts soutiennent cette hypothèse, appelée «effet de dilution»: plus le nombre d’espèces animales est élevé, moins un microorganisme pathogène parvient à proliférer. Entre autres mécanismes, la diversité des espèces hôtes, celles pouvant héberger le parasite, pourrait freiner la transmission à une espèce particulière, dont l’homme.

Or cette hypothèse demeure controversée, et rien ne prouve à ce jour qu’elle puisse être généralisée à l’ensemble des pathogènes. Certains chercheurs soutiennent par exemple l’idée qu’un habitat vierge pourrait au contraire abriter plus de parasites qu’un écosystème endommagé. Dans ce cas, la biodiversité pourrait au contraire constituer un facteur de maladies.

Une hypothèse confortée en tout contexte

Dans une méta-analyse portant sur un total de 202 interactions hôtes/pathogènes, soit 47 espèces parasitaires n’affectant que les animaux et 14 touchant aussi l’homme [1], David Civitello, de l’University of South Florida (Tampa), et ses collègues estiment au contraire que l’hypothèse de l’effet de dilution n’est en rien une exception, mais semble au contraire la règle.

La biodiversité amoindrit en effet les ravages causés par un parasite, et ce dans tous les contextes écologiques: qu’il s’agisse d’un microparasite (virus, bactéries, champignons, etc.) ou d’un macroparasite (vers nématodes, trématodes, etc.), que le cycle de vie soit plus ou moins complexe, qu’il dispose d’un nombre plus ou moins grand d’espèces hôtes, ou qu’il infecte uniquement des espèces animales ou également l’homme.

«Notre étude suggère que maintenir la biodiversité naturelle pourrait réduire l’abondance de nombreux parasites de l’homme et de la faune sauvage. A l’inverse, la perte de biodiversité pourrait contribuer à accroître le danger lié à ces maladies humaines et animales», juge David Civitello.

Autre élément en faveur de l’effet de dilution, on le retrouve aussi dans les relations entre les plantes et leurs pathogènes. Outre la santé humaine et animale, celle des plantes est donc aussi fortement menacée par la baisse de biodiversité. Un danger de plus pour l’agriculture, déjà fortement menacée par le réchauffement climatique.

[1] Parmi ces 14 maladies touchant aussi l’homme, certaines sont d’origine bactérienne (maladie de Lyme, leptospirose, salmonellose, infections par Escherichia coli, peste), d’autres sont virales (fièvre West Nile, fièvres hémorragiques à hantavirus), tandis que d’autres sont liées à un parasite (bilharziose, trypanosomiase).



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