La biodiversité, une question de température

Le 23 décembre 2016 par Romain Loury
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Le Kilimandjaro, 5.895 mètres d'altitude
Le Kilimandjaro, 5.895 mètres d'altitude

Comment expliquer les différences de biodiversité entre régions arctiques et tropicales, ou selon l’altitude? Selon une étude menée sur les pentes du Kilimandjaro, publiée jeudi 22 décembre dans la revue Nature Communications, la température semble bien être le facteur crucial.

Pourquoi la biodiversité est-elle plus foisonnante à l’approche de l’équateur? La question a donné lieu à de nombreuses hypothèses. Parmi les plus fréquentes, celles selon laquelle une plus grande production végétale offrirait plus de ressources, permettant à un plus grand nombre espèces de survivre. Ou encore celle selon laquelle la température favoriserait par elle-même l’évolution, et donc l’apparition de nouvelles espèces.

C’est cette dernière qui l’emporte, au terme de l’étude menée par l’équipe d’Ingolf Steffan-Dewenter, écologue à l’université de Würzburg (Allemagne). Pendant quatre ans, les chercheurs ont arpenté le Kilimandjaro, en Tanzanie, entre 871 et 4.550 mètres d’altitude. Ils y ont analysé 8 groupes de végétaux et 17 d’animaux, des fourmis aux chauves-souris en passant par les gastéropodes, les abeilles, les araignées et les oiseaux.

Un rôle global sur les espèces

Contrairement à d’autres études, qui restreignent leur champ à un seul groupe d’espèces, celle-ci a permis d’avoir une vue plus globale sur la biodiversité. Fruit d’une modélisation mathématique, ses résultats démontrent que parmi l’ensemble des critères analysés, c’est la température qui explique le mieux les variations de richesse en espèces, bien devant le niveau de production végétale.

Cette dernière joue certes un rôle pour certains groupes d’espèces, de même que l’abondance en eau et la surface disponible –d’autres hypothèses fréquemment avancées pour expliquer les variations de richesse en espèces. Mais seule la température explique les différences globales, tous groupes d’espèces végétales et animales confondues.

Reste à savoir par quels mécanismes exacts, écologiques et évolutifs, la température agit sur la distribution de la biodiversité. Selon une étude publiée en septembre dans Science, la diversité d’espèces n’est pas la seule à s’accroître vers l’équateur: la diversité intraspécifique, à savoir les variations génétiques au sein d’une même espèce (et qui préfigurent l’apparition de futures espèces), y est aussi plus importante.



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