La biodiversité s’épanouit près des haies

Le 27 juin 2014 par Romain Loury
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Le bonheur est dans le pré, les abeilles dans la haie
Le bonheur est dans le pré, les abeilles dans la haie
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A la ferme, c’est avant tout la présence d’habitats semi-naturels, telles que les haies, les prairies et les friches, qui favorise la biodiversité. Quant aux champs cultivés eux-mêmes, ils s’avèrent plus riches en espèces lorsqu’ils sont cultivés en bio, selon des résultats du projet européen BioBio publiés dans la revue Nature Communications.

C’est un véritable travail de fourmi qu’ont mené Manuel Schneider, de l’Agroscope de Zurich, et ses collègues européens: ils ont compté le nombre d’espèces de plantes, de vers de terre, d’abeilles et d’araignées dans 205 exploitations, réparties dans 10 contrées d’Europe (dont la Gascogne pour la France) et 2 en Afrique (Tunisie et Ouganda). Soit un total de 1.470 parcelles et habitats semi-naturels et cultivés. Leur objectif: découvrir quels sont les facteurs qui déterminent la biodiversité.

Les résultats diffèrent selon que l’on se place du point de vue du champ cultivé, de l’exploitation dans son ensemble ou de la région environnante. Sans surprise, les champs cultivés en bio sont les plus riches en espèces: en tenant compte des plantes, des vers de terre, des abeilles et des araignées, le nombre d’espèces y dépasse de 10,5% celui observé dans les champs cultivés en conventionnel.

Cet effet se dilue rapidement lorsqu’on s’intéresse à une échelle supérieure: la différence entre bio et conventionnel n’est plus que de 4,6% au niveau de l’exploitation, et de 3,1% aux environs, deux chiffres qui n’atteignent plus la significativité statistique.

En bref, le bio a un effet nettement positif, mais les habitats semi-naturels jouent aussi un rôle très important. Or parmi les exploitations étudiées, ces espaces étaient aussi présents et diversifiés dans le bio que dans le conventionnel.

La France, plutôt bien dotée

Non exposée dans l’article de Nature Communications, une analyse plus détaillée, publiée en 2013 dans la revue Innovations agronomiques, le montre plus clairement. Selon elle, trois pays se distinguent par la diversité des habitats semi-naturels dans les exploitations, à savoir la Hongrie, le Royaume-Uni et la France.

Or c’est aussi là qu’on retrouve, très souvent, une plus grande biodiversité. La France, du moins la Gascogne, se distingue ainsi par une grande abondance en vers de terre et en abeilles (nombre d’individus), ainsi qu’une plus grande richesse en abeilles et d’araignées (nombre d’espèces).

Comme pour les autres exploitations, les 16 françaises inclues dans BioBio ne révèlent pas de différence significative de biodiversité entre bio et conventionnel, du moins au niveau de l’exploitation entière. Dans le détail, c’est un peu plus complexe: les abeilles et les araignées tirent profit du bio dans les champs cultivés, à l’inverse des vers de terre, plus abondants en conventionnel. Un paradoxe que les chercheurs expliquent par un moindre travail du sol.

Quant aux prairies, donc non traitées directement, les abeilles y sont aussi plus abondantes dans les exploitations bio. Effet des pesticides? L’étude ne le dit pas. Pour les chercheurs, «les prairies permanentes des exploitations conventionnelles sont majoritairement fauchées et le foin exporte hors de la parcelle, alors que celles des exploitations biologiques ne sont pas systématiquement fauchées et quand elles le sont, le produit de la fauche est parfois laisse sur place. Ainsi, les prairies biologiques possèdent un couvert floral plus diversifie et plus important».

Reste à savoir s’il existe un effet spécifique de certains pesticides par rapport à d’autres, l’étude n’allant pas plus loin que la dénomination d’«agriculture conventionnelle». Qu’en serait-il notamment des néonicotinoïdes, dont un collectif international de chercheurs a affirmé, mardi 24 juin, qu’ils étaient nocifs sur quantité d’organismes, et ce bien au-delà des abeilles?



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