La biodiversité, presque absente de la campagne

Le 18 avril 2017 par Romain Loury
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La biodiversité, une crise négligée
La biodiversité, une crise négligée
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Alors que la biodiversité traverse une importante crise d’extinction, le sujet a été l’un des grands absents de la campagne présidentielle – à l’exception notable d’une rencontre organisée fin mars par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB).

Qu’il s’agisse de la «protéger» ou de la «défendre», la biodiversité est souvent inscrite aux programmes des candidats, mais rarement au-delà d’une simple phrase d’intention. Au mieux de quelques allusions parsemées par-ci par-là, le plus souvent dans les volets agriculture -notamment par l’interdiction des pesticides les plus toxiques, la transition agroécologique et l’artificialisation des sols.

Parmi ceux dont le programme est le plus disert en la matière, Emmanuel Macron propose de «mobiliser les chefs d’Etat et les entreprises, afin de créer une dynamique et une prise de conscience de même ampleur que celle engagée sur la question climatique, grâce à une conférence mondiale».

François Fillon veut quant à lui «faire évoluer notre conception de la biodiversité, en ajoutant à la protection de ce que l’on peut appeler la biodiversité extraordinaire (sites exceptionnels et espèces menacées), la préservation de la biodiversité ordinaire, celle que l’on détruit sans y prendre garde». Quant à Jean-Luc Mélenchon, il veut «refuser la brevetabilité du vivant à tous les niveaux et lutter contre la biopiraterie».

Un débat organisé par la FRB

C’est lors d’une rencontre organisée le 23 mars par la FRB que les cinq principaux candidats –ou plutôt les représentants de ceux ayant désormais plus de 8% d’intentions de vote- en ont dit le plus sur leurs intentions. Les politiques y étaient interpelés sur cinq grandes questions, dont leurs intentions en matière d’aires protégées, les liens entre agriculture et biodiversité, la recherche, ou encore le financement de la nouvelle Agence française pour la biodiversité (AFB).

Pour ce qui est de l’AFB, tous se montrent plutôt favorables à une fiscalité propre, par exemple via «l’extraction des ressources naturelles ou encore par la mise en place d’une taxe sur les niches fiscales anti-écologiques» (Benoît Hamon), une taxe sur les éoliennes offshore (Emmanuel Macron), voire par une part d’une future écotaxe sur les transports terrestres (Jean-Luc Mélenchon). Seule Marine Le Pen est contre une fiscalité propre, en accord avec son opposition à l’autonomie des agences d’Etat.

L’AFB en outre-mer, mais sans les chasseurs

Pour Emmanuel Macron, l’AFB devra être implantée en outre-mer. Quant à François Fillon, qui compte sur l’électorat cynégétique, son programme indique, sans plus de détail, qu’il faudra «redéfinir les relations entre l’AFB et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage [ONCFS, qui a refusé d’être intégré à l’agence], et réorganiser la police de l’environnement autour d’un service unique». Pour Emmanuel Macron, «l’ONCFS ne rentrera pas de force dans l’agence», a jugé son représentant Arnaud Leroy lors de la rencontre organisée par la FRB.

Côté mers, le représentant de Benoît Hamon, Yannick Jadot, a proposé de «lutter contre la surpêche et le ballastage», tandis que celui de Jean-Luc Mélenchon, Eric Coquerel, a évoqué la création d’«un grand ministère de la mer», la sanctuarisation de l’Arctique au même titre que l’Antarctique, et l’interdiction de l’exploitation des hydrocarbures sur le littoral. Les deux candidats de gauche sont aussi unanimes sur l’abandon des «grands projets inutiles», tels que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou la ligne Lyon-Turin.



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