La biodiversité, parent pauvre de la protection des oiseaux?

Le 06 janvier 2015 par Romain Loury
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Diduncule strirogistre empaillé... stade ultime de la préservation
Diduncule strirogistre empaillé... stade ultime de la préservation
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Au niveau mondial, les sommes investies pour protéger les oiseaux pourrait être quatre fois mieux investies si elles se concentraient sur les espèces les plus distinctes d’un point de vue génétique, estime une équipe britannique dans la revue Philosophical Transactions of the Royal Society B.

C’est l’un des reproches souvent adressés à la politique de protection des espèces: elle a tendance à trop se concentrer sur des espèces dites emblématiques, bien connues du grand public. Et ce sans tenir compte de la réelle biodiversité, enjeu pourtant plus important en matière de fonctionnement des écosystèmes (voir le JDLE).

L’équipe de James Rosindell, de l’Imperial College à Londres, a quant à elle raisonné en termes de diversité génétique, mesurée en millions d’années d’évolution: pour deux espèces données, leur distance évolutive s’accroît avec l’ancienneté de l’époque à laquelle elles ont divergé. Un calcul que les chercheurs ont appliqué à 206 espèces d’oiseaux de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Selon l’objectif d’Aichi, qui prévoit d’améliorer le statut de conservation des espèces menacées d’ici 2020, parvenir à mieux protéger ces espèces reviendrait à dépenser 3,87 milliards de dollars. Or ces fonds, tels qu’ils sont utilisés actuellement, ne permettraient de sauver que 85,9 millions d’années en termes d’évolution d’ici à 2020, alors qu’on pourrait obtenir le quadruple pour un même montant.

L’alouette de Botha remporte la palme

Selon les chercheurs, il serait ainsi possible de sauvegarder 340 millions d’années d’évolution en se concentrant sur les «bonnes» espèces. Ils livrent même une liste des 20 espèces à protéger en priorité pour employer l’argent au mieux: au premier rang, la peu connue alouette de Botha (Spizocorys fringillaris), endémique d’Afrique du Sud.

Bien que peu divergente d’un point de vue évolutive, cette espèce serait facile à protéger, alors que rien n’est fait actuellement en sa faveur, expliquent les chercheurs. En deuxième position, l’étrange diduncule strigirostre (Didunculus strigirostris), espèce de pigeon que l’on ne trouve qu’à Samoa: unique d’un point de vue évolutif, ses coûts de protection sont estimés faibles.

«Bien sûr, la situation sur le terrain est beaucoup plus complexe, les espèces ciblées état choisies pour différentes raisons [et pas uniquement pour l’ancienneté de leur divergence évolutive, ndlr]. Mais si l’objectif de la conservation des espèces est de préserver la biodiversité, notre étude démontre que les investissements actuels sont très éloignés de nos objectifs», commente James Rosindell.



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