La biodiversité des forêts ne les protège pas de tout

Le 30 septembre 2014 par Romain Loury
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En forêt, la biodiversité ne paie pas toujours
En forêt, la biodiversité ne paie pas toujours
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En forêt, la diversité des espèces d’arbres ne constitue pas forcément un rempart contre la sécheresse, révèle une étude française publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

 

La biodiversité apporte de nombreux avantages aux forêts: meilleure croissance des arbres, résistance accrue aux maladies et aux insectes. «La complémentarité des espèces pour l’usage des ressources (…) accroît la performance de l’écosystème: les ressources sont mieux partagées entre espèces voisines et sont donc plus facilement disponibles», expliquent Charlotte Grossiord, de l’unité Ecologie et Ecophysiologie Forestières (Inra) à Nancy, et ses collègues [1].

La situation semble plus complexe pour la sécheresse, autre type de stress qui devrait devenir plus fréquent au cours du XXIème siècle. Dans leur étude publiée dans les PNAS, les chercheurs montrent que la biodiversité constitue un plus pour les forêts déjà sujettes à des sécheresses, mais pas pour celles qui en sont actuellement épargnées.

L’équipe a étudié 160 parcelles de forêts réparties dans 5 pays (Espagne, Italie, Roumanie, Allemagne, Pologne), analysant dans le sol la présence de carbone13, marqueur de réponse à la sécheresse. Pour chacune de ces régions, cet indice a été analysé d’une année sur l’autre (sèche ou humide) en fonction du nombre d’espèces d’arbres, qui allait de 1 à 5.

Selon leurs résultats, les forêts qui résistent le mieux sont les forêts de hêtres en zone tempérée et celles de feuillus thermophiles, les plus souvent soumises à la sécheresse. Quant aux forêts montagneuses de hêtres et aux forêts semi-boréales, la biodiversité n’a d’effet ni positif ni négatif sur leur résistance.

Cas particulier, celui des forêts méditerranéennes: bien qu’en conditions sèches, la biodiversité y est sans impact. Pour les chercheurs, le sol, trop peu profond, y empêcherait la complémentarité entre arbres pour la recherche d’eau. Or c’est justement par les racines que les arbres collaborent le plus, les plus profondes aidant les plus superficielles à accéder à l’eau.

Pour l’Inra, «cette étude suggère que cette adaptation nécessite de considérer non seulement le degré de diversité en espèces dans les écosystèmes forestiers, mais aussi l'identité des espèces qui sont en compétition dans ces écosystèmes et les conditions climatiques locales spécifiques à chaque massif forestier considéré».

[1] Cette étude a été menée en collaboration avec une équipe de recherche de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) de Zürich (Suisse) et d’autres scientifiques européens.



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