La bio européenne à la recherche de leviers publics

Le 01 mars 2013 par Stéphanie Senet
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En Autriche, l'agriculture biologique représente 20% de la SAU.
En Autriche, l'agriculture biologique représente 20% de la SAU.

L’Europe compte 237.000 fermes en agriculture biologique, pour une superficie d’environ 10 millions d’hectares de terres cultivées (1). Soit un peu plus de 5% de la surface agricole utile (SAU) de l’Union européenne.

C’est finalement peu à l’échelle mondiale, puisque cela ne représente qu’un quart des superficies totales dédiées à la bio et 13% de ses fermes.

Les deux tiers de ces terres se trouvent dans 6 pays sur 27, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et la Pologne.

En revanche, les Européens s’avèrent, avec les Nord-Américains, les plus gourmands en produits bio. La consommation du Vieux continent représente ainsi 41% des achats dans le monde. Près de trois quarts de cette demande provient de 4 pays: Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni. La demande du Nouveau monde représente, elle, 48% du chiffre d’affaires mondiale de l’agriculture biologique.

Outre-Rhin, la consommation de produits bio bat son plein avec le record européen de 7 Md€ de chiffre d’affaires en 2012 (hors restauration collective). Les Allemands achètent surtout des fruits et des légumes, des produits laitiers et de boulangerie.

Mais en réalité, c’est dans l’alimentation des Danois et des Autrichiens que l’on trouve le plus de produits bio (7,5% pour le Danemark et 6% pour l’Autriche, contre seulement 4% en Allemagne et à peine 2,5% en France).

Pourquoi certains Etats ont-il si bien réussi à accorder une plus grande place à la bio dans leur agriculture? Cela représente en effet 20% de la SAU autrichienne, plus de 15% de la suédoise, 14% de l’estonienne, 11% de la tchèque, pour à peine 4% de la française, ce qui place l’Hexagone en 19e position de l’UE.

«Certains Etats européens ont réussi à dynamiser l’agriculture biologique grâce à des programmes nationaux, comme le Danemark qui s’est fixé 60% d’ingrédients bio dans les restaurants publics d’ici 2020 ou encore la Suède qui vise au moins 25% de produits bio dans les restaurants des municipalités d’ici fin 2013», a affirmé Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio.

Selon ses agriculteurs, l’avenir de la bio réside aussi dans l’investissement des collectivités publiques. «Nous souffrons d’un certain anonymat alors que nous avons atteint un seuil important puisque nous représentons aujourd’hui près de 20% de la surface agricole utile», témoigne Werner Lampert, agriculteur engagé dans la bio depuis 1967. Selon lui, les initiatives se déploient uniquement sur le mode local, alors qu’elles nécessiteraient un soutien national pour passer à la vitesse supérieure.

De ce point de vue, Stéphane Le Foll, le ministre français de l’agriculture, a annoncé que 40% des cantines de l’Hexagone seraient approvisionnées non pas par l’agriculture biologique mais «en bio et en qualité» dans un avenir proche. Son projet pour l’agro-écologie, présenté le 27 février en conseil des ministres (voir JDLE), prône l’idée que «l’agriculture biologique n’est pas la seule à intégrer le défi environnemental». «C’est l’agriculture toute entière qui doit évoluer pour intégrer le critère environnemental», a-t-il déclaré en ouverture du séminaire organisé par l’Agence bio. De quoi laisser les paysans bio dubitatifs.

 

(1)Selon les statistiques 2011 de l’agence Bio

 



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