La bio, c’est bon pour l’eau

Le 24 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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L'agriculture bio réduit la pollution de l'eau
L'agriculture bio réduit la pollution de l'eau

Un colloque, organisé par la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) aujourd’hui 24 novembre à Paris, a donné la parole à des porteurs de bonnes pratiques. Dans plusieurs régions françaises, des agriculteurs et des collectivités travaillent ensemble pour préserver les ressources en eau.

Alors que la France fait l’objet de deux contentieux européens pour mauvaise application de la directive Nitrates (JDLE), la question de la pollution des eaux en France est plus que jamais d’actualité. Et qui dit pollution dit production agricole puisque, comme le rappelle le chercheur du CNRS Gilles Biren, «ce sont les apports agricoles qui sont les premiers à polluer les nappes souterraines et de surface».

 
Dans la région Poitou-Charentes, cette tendance s’est traduite par la fermeture de 150 points de captage d’eau potable au cours des 10 dernières années à cause des nitrates et des herbicides, selon le bilan tiré par Benoît Biteau, vice-président de la région et administrateur de l’Agence de l’eau Adour-Garonne. «Il est urgent d’identifier les pratiques agricoles vertueuses. Comment va-t-on nourrir les 9 milliards de personnes en 2050 si on efface la capacité de la terre à produire des aliments?» demande-t-il.
 
Le colloque de la Fnab a mis en évidence plusieurs projets d’agriculture biologique dans des aires d’alimentation de captage (AAC). En Poitou-Charentes, une initiative s’est inscrite dans le dispositif régional Re-Sources, qui vise à protéger 7 captages alimentant plus de 100.000 habitants dans les plaines et vallées de Niort. Il s’agit d’un programme spécifique eau et bio et d’un projet MAET (1) ayant pour objectif de faire progresser la surface agricole utile de la bio de 1 à 7% en trois ans sur ce territoire. Un contrat passé entre l’Etat et les agriculteurs ouvre le versement d’aides, notamment si les intrants azotés et les herbicides sont limités, si une conversion bio est engagée et s’il y a une remise en herbe…
Au-delà de ces mesures, un partenariat avec la ville de Niort a permis d’offrir des débouchés viables à l’alimentation bio. Un marché de 900.000 euros par an permet à la ville de servir de la bio dans toutes les cantines scolaires. Aujourd’hui, la ville étudie plusieurs formules pour financer la structuration logistique des filières bio sur le territoire, principal frein à leur développement.
 
L’Association des régions de France (ARF) planche également sur le sujet. «Des budgets faramineux sont consacrés à la dépollution alors que le service public de l’eau n’est pas toujours de qualité. On réfléchit actuellement à une rémunération des bonnes pratiques pour une véritable prise de conscience des agriculteurs», affirme Lionel Roucan, représentant de l’ARF et vice-président du conseil régional d’Auvergne. Il ajoute qu’une législation nationale permettrait de définir les rôles et les objectifs de chacun.
 
France Nature Environnement (FNE) demande de son côté une réforme de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) (2). «Non seulement, il faut inscrire et financer le développement de l’agriculture bio dans les zones de captage mais il faut aussi faire évoluer la notion de représentation dans les comités de bassin», déclare Bernard Rousseau, pilote du pôle Ressources en eau au sein de FNE. Selon lui, les associatifs (environnementalistes, industriels et agriculteurs) n’ont qu’une parole limitée car ils sont noyés dans le collège «usagers».
 
Si la bio fait baisser les teneurs en produits phytosanitaires et en nitrates contenus dans les eaux, les expérimentations actuelles se déploient sur le seul mode du volontariat. Le ministère de l’écologie a affirmé, en conclusion du colloque, qu’il s’agissait d’un chantier prioritaire. Pour l’heure, la loi Grenelle I prévoit, à l’horizon 2012, la protection de l’aire d’alimentation de 500 captages les plus menacés par les pollutions diffuses. « Bien sûr, ce n’est pas suffisant mais on va déjà avoir du mal à tenir cet objectif», reconnaît Claire Grisez, de la Direction de l’eau au ministère.
 
 

 
(1) Mesures agri-environnementales territorialisées
(2) loi du 30 décembre 2006
 


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