La BEI, toujours pas décarbonée

Le 16 octobre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le gaz : une énergie de transition pour l'Allemagne.
Le gaz : une énergie de transition pour l'Allemagne.
RWE

 

La banque de l’Union européenne peine à s’interdire de financer les énergies fossiles.

 

C’est une bataille souterraine qui se joue à Kirschberg, l’un des quartiers cossus de Luxembourg. L’enjeu est d’importance: décarboner la banque européenne d’investissement (BEI), l’une des plus grandes banques publiques de la planète. A dire vrai, il ne s’agit pas de réduire les émissions directes (très faibles) de l’institution financière de l’Union européenne, mais d’orienter son activité (importante) de prêts vers le zéro carbone.

Sujet éminemment complexe auquel la BEI réfléchit depuis plusieurs années. En janvier dernier, l’institution basée au Luxembourg a lancé une consultation publique sur sa future politique de prêt dans le secteur de l’énergie. Chaque année, la banque octroie une douzaine de milliards d’euros de prêts dans ce secteur.

facteur carbone

Cette manne sert à développer les énergies renouvelables (36%), l’efficacité énergétique (24%), les réseaux d’électricité (23%). Mais, au nom de la sécurité d’approvisionnement, la banque ne s’interdit pas de financer les réseaux gaziers (13%), voire les centrales électriques fossiles.

Une condition sine qua non: le facteur carbone des investissements fossiles ne doit pas excéder 550 grammes de CO2 par kWh produit. Cette norme d’émission exclue de facto le charbon au bénéfice du gaz naturel. Entre 2013 et 2017, la banque a ainsi consacré un peu plus de 13 milliards d’euros au développement des énergies fossiles.

Ce mardi 15 octobre, les ministres des finances des pays actionnaires de la banque devaient autoriser l’amendement de cette politique d’investissement. Publiée en juillet dernier, cette modification prévoit la fin de tout soutien financier aux projets pétroliers et gaziers.

l'énergie de transition

L’idée déplaît à certains gouvernements. L’Allemagne (plus gros actionnaire de la BEI), l’Italie, la Pologne, la Lettonie et l’Espagne militent pour que la banque européenne continue de financer les réseaux et les centrales à gaz, considéré comme l’énergie de la transition.

Selon Andrew McDowell, vice-président de la BEI, l’amendement sera remis sur le tapis vert, lors de la prochaine réunion du conseil d’administration, en novembre. Avec l’espoir qu’il soit enfin adopté. Ce qui n’est pas gagné.

La présidente de la prochaine commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé la BEI à devenir la banque du climat, en fléchant la moitié de ses prêts vers les projets bas carbone.



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