La bataille de Drax est engagée

Le 01 septembre 2006 par Enerpresse
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De mémoire de journaliste britannique, on n’avait plus vu un tel déploiement de forces de police en pleine campagne depuis les grandes grève de mineurs des années 1984-1985.

Autour de l'imposante centrale de Drax patrouillent nuit et jour des centaines de gendarmes en gilet phosphorescent jaune, à pied, à cheval et en voitures... grillagées. Mais il ne s'agit pas d'une mesure de prévention à un éventuel attentat. Voilà plus d'une semaine que quelque 600 activistes climatiques campent autour de la plus importante centrale au charbon d'Europe.

Une installation qui, à elle seule, produit l'équivalent de 7% de la consommation d'électricité du royaume. Leur but? Que ce monstre d'une capacité de 4.000 mégawatts (MW), s'étendant sur 750 hectares, cesse enfin de rejeter ses 20 millions de tonnes de gaz carbonique par an. Soit 4% des émissions britanniques. «Autant que ce que rejette le quart du parc automobile de la nation», précisait même The Independent. A ces activistes du «Camp for climate action», les dirigeants de Drax répondent que leurs installations sont les plus performantes et les moins polluantes de ce type dans le Royaume. Drax a d'ailleurs été certifiée Iso 14001 dès 1996. Mieux, les 6 tranches de 660 MW font désormais de la co-incinération de biomasse et ont réduit leur utilisation de fioul lourd en utilisant des huiles d'origine végétale.

En encerclant la centrale du Yorkshire du nord, les «climatistes» ne visent pas seulement Drax Group. La région a le triste privilège d'abriter les centrales au charbon de Eggborough et de Ferrybridge: on la surnomme d'ailleurs la «megawatt valley». Dans le camp de ceux qui souhaitent voir cesser les panaches de fumées noires se trouvent donc des «nymbistes» (1), qui aimeraient bien respirer un air un peu plus sain.

Mais l'essentiel n'est pas là. Selon le chef de la police locale, Ian McPherson, la plupart des occupants du camp sont des militants venus d'un peu partout: informaticiens, ingénieurs, programmateurs, étudiants, simples citoyens. Et même une femme intégralement recouverte de son hijab! Rien à voir avec des casseurs professionnels ou des militants aguerris. Et c'est là que réside la nouveauté: que des «citoyens de base» manifestent activement contre le manque d'audace de la politique climatique de Tony Blair. Un engagement d'un nouveau type qui pourrait faire tache d'huile à mesure que l'on s'approchera d'échéances électorales.



(1) Le Nimby, ou «Not in my backyard» («Pas dans mon jardin»), est un phénomène qui se réfère à l'opposition de populations riveraines à l'implantation ou à l'extension d'une nouvelle installation industrielle, notamment un incinérateur ou une centrale nucléaire.




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