La Banque européenne d’investissement ne financera (presque) plus les énergies fossiles

Le 15 novembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La BEI devrait donner un sérieux coup de pouce aux énergies renouvelables.
La BEI devrait donner un sérieux coup de pouce aux énergies renouvelables.
RWE

Après des mois d’atermoiements, la plus grande banque publique du monde a décidé, le 14 novembre, de ne plus investir dans les projets à énergies fossiles. Des exceptions à ce principe ne sont pas exclues.

 

Ce sera, peut-être, l’une des rares bonnes nouvelles de la COP 25? Jeudi 14 novembre, le conseil des directeurs de la Banque européenne d’investissement (BEI) a finalement décidé de ne plus financer les projets à énergie fossile. Plusieurs fois repoussée, cette décision entrera en application à la fin de 2021, indique la banque dans un communiqué.

Tous les projets fossiles (des gazoducs, notamment) qui pourront être contractualisés d'ici deux ans pourront être financés par la banque européenne. Le prix à payer pour obtenir le consentement de l'Allemagne qui a longtemps entravé le changement de la stratégie de la BEI.

La nouvelle tombe à pic pour la future Commission européenne. Depuis sa désignation, sa future présidente, Ursula von der Leyen, appelle de ses vœux la transformation de la BEI en une véritable banque du climat. C'est presque chose faite.

1.000 milliards d'euros d'investissement

Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, la BEI prévoit d’aligner toutes ses activités «avec les buts de l’Accord de Paris dès la fin de 2020.» Prévoyant de participer au financement de 1.000 milliards d’euros d’investissements en faveur de l’environnement et du climat d’ici à 2030, la banque sise à Luxembourg, dédiera désormais la moitié de ses financements à des investissements «verts». «Un euro sur deux investi par la BEI d'ici à 2025 sera consacré à des projets environnementaux», confirme son vice-président, Andrew McDowell.

5 priorités

Cinq nouvelles priorités sont fixées pour investir dans le secteur énergétique. Dès 2022, la plus grande banque publique du monde favorisera principalement l’efficacité énergétique, les énergies bas carbone, les sources d'énergies intermittentes, la production décentralisée, les réseaux.

Un détail toutefois chiffonne les ONG : les futures performances climatiques des projets qui pourront bénéficier des prêts de la banque. La BEI les fixe à 250 grammes de CO2 par kWh d’énergie produite, contre 550 gCO2/kWh actuellement.

Cela exclut, certes les projets pétroliers, charbonniers, voire gaziers. Mais laisse probablement la porte ouverte à des centrales à gaz à très haut rendement ainsi qu’à des installations fossiles (centrales électriques ou cimenteries) dotées de système de captage-stockage de CO2. Autre exception prévue par la banque multilatérale: le financement de 75% du coût de centrale à gaz dans des pays gros consommateurs de charbon, comme la Pologne.

Le diable carbone est décidement dans les détails.



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