La Baltique reverra-elle son oxygène?

Le 22 mai 2015 par Romain Loury
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La Baltique, en piètre état
La Baltique, en piètre état

Redonner vie à la mer Baltique en lui injectant de l’oxygène: selon une équipe d’océanographes suédois, le projet n’a rien d’irréaliste, comme le prouve l’étude-pilote qu’ils ont menée dans le Byfjord, à l’ouest du pays.

Abritant la plus grande «zone morte» au monde, la mer Baltique pâtit certes de sa situation géographique fermée, mais avant tout d’une eutrophisation excessive, liée aux rejets d’engrais et aux égouts. Si ceux-ci ont largement diminué ces dernières années, du fait des efforts de réduction menés par les pays riverains, l’oxygène peine à revenir dans les eaux de la Baltique.

La géo-ingénierie pourra-t-elle lui sauver la mise? C’est ce qu’espère Anders Stigebrandt, océanographe de l’université de Göteborg, désormais à la retraite. Avec ses collègues, le chercheur a réinjecté de l’eau enrichie en oxygène au fond du Byfjord, un fjord à l’ouest de la Suède. Publiés dans l’International Society for Microbial Ecology Journal, les résultats se sont avérés concluants, avec un retour sur le plancher marin de bactéries aérobies qui l’avaient déserté.

Une très petite étude-pilote

Reste à savoir si l’expérience est généralisable à l’ensemble de la Baltique. Interrogés par Motherboard, plusieurs experts se montrent plus que sceptiques quant à la faisabilité du projet: la zone étudiée par les chercheurs ne représente que 0,14 kilomètre cube, contre 21.000 km3 pour l’ensemble de la Baltique. Certains trouvent par ailleurs étrange de se focaliser sur les symptômes plutôt que de traiter les causes.

Autre écueil, un tel projet coûterait 4 milliards de dollars (3,62 milliards d’euros) pour la seule mise en place des pompes à eau, estime Anders Stigebrandt. Une fois installées, celles-ci devraient être constamment alimentées en électricité, facture qui pourrait s’avérer salée. Selon le chercheur, la mer pourrait ainsi être réoxygénée en 10 ans, à raison de 10.000 m3 par seconde d’eau réinjectée. Contre au moins un siècle en ne s’attaquant qu’à la réduction des rejets dans la mer.

 



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