L’Uruguay nationalise son eau

Le 03 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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Dimanche 31 octobre, l’Uruguay a connu un double événement historique. Pour la première fois de son histoire, ce pays a élu un président de gauche. Et, par référendum, ses habitants ont inscrit dans la constitution la nationalisation de la ressource en eau.

Selon les premiers résultats officiels, 55,40% des Uruguayens ont approuvé la nationalisation du secteur. L'eau est désormais considérée comme un bien public inaliénable. L'Etat sera le prestataire exclusif des services d'eau potable et d'assainissement. Le texte adopté proclame également la nécessité d'une politique de l'eau solidaire, décentralisée et assurant la participation des citoyens. Le dépouillement des votes s'achèvera le 6 novembre. Les observateurs politiques estiment que le résultat final devrait dépasser les 60%. Dans les régions où la gestion a été privatisée, les prix ont augmenté. Dans la province de Maldonado, ce renchérissement des tarifs s'est même doublé de problèmes techniques entraînant des ruptures d'approvisionnement. Même si ces hausses ont souvent servi à financer l'amélioration du service, elles sont considérées comme insupportables. Sur 3,4 millions d'Uruguayens, 850.000 vivent en dessous du seuil de pauvreté. Par ailleurs, la vente de Salus, l'eau minérale la plus connue du pays, à Perrier, filiale de Nestlé, a été ressentie comme le bradage d'un bien commun. L'initiative du référendum a été soutenue par des mouvements sociaux comme les syndicats des travailleurs des eaux, les organisations agricoles, la Neighborhood association in defence of water (les associations de riverains pour la défense de l'eau), le programme Uruguay Durable et la section nationale des Amis de la Terre. Ces groupes se sont réunis en 2002 dans le seul but d'organiser ce référendum. Le pays traversait alors une grave crise économique et le gouvernement libéral de l'époque cherchait à privatiser les services publics afin de tenter de sortir le pays de la crise financière. Ces organismes se sont appuyés sur un précédent, le téléphone. En 1992, les Uruguayens ont en effet refusé par référendum de privatiser le service téléphonique. 10 ans plus tard, le secteur des télécoms affiche une bonne santé ce qui a contribué à rassurer l'électeur. Les ONG ont donc pu recueillir les 250.000 signatures nécessaires selon la Constitution pour qu'un référendum soit organisé. Et le scrutin a pu avoir lieu en même temps que l'élection présidentielle. Le texte affirme le caractère public de l'eau mais ne dit mot sur le devenir des 14 entreprises privées qui gèrent notamment le riche secteur touristique de Punta del Este/Maldonado. Ces concessions ne seront pas renationalisées affirment les proches du nouveau président. Mais les syndicats du secteur et les ONG réclament, elles, que l'ensemble de la ressource revienne désormais dans le giron de l'Etat.


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