L’urbanisation grignote de nouveau les terres agricoles

Le 30 mai 2016 par Marine Jobert
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Les terres agricoles, grignotées à nouveau.
Les terres agricoles, grignotées à nouveau.
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Les particuliers veulent du bois pour se chauffer. Les Anglais retrouvent le goût des chaumières bucoliques. La ville déborde à nouveau sur les champs. Voici quelques éléments issus de la publication annuelle du prix des terres, établi par la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer).

Le marché des forêts connaît une belle activité (+6,4%), avec des prix en hausse (+2,8%) et des ventes portant sur des petites surfaces (de 1 à 10 hectares), les particuliers non agriculteurs étant les premiers acquéreurs derrière les personnes morales et les agriculteur privés. Leur objectif: le bois de chauffe. Les forêts de plus de 100 ha sont considérées comme des ‘bas de laine’, une valeur refuge peu proposée à la vente.

Loi d’avenir agricole

Le marché des maisons à la campagne repart-il la hausse? Oui, à en croire les statistiques: +40% de transactions d’une année sur l’autre. Ce chiffre s’explique par la loi d’avenir agricole du 13 octobre 2014[1] qui élargit le champ des ventes de biens ruraux notifiables et qui, dans l’objectif de renforcer la transparence du marche?, introduit une sanction aux notaires pour défaut de notification a? la Safer. Le vendeur moyen a 43 ans et 10 mois et vit, dans deux tiers des cas, dans le même département que celui où il achète sa résidence secondaire. A noter: 7,3% des acquéreurs résident à l’étranger. C’est, note la Safer, le grand retour des résidents britanniques, «du fait de la hausse de leur pouvoir d’achat».

Alerte étalement

Le prix des biens baisse, mais la fréquence des ventes augmente: le grignotage par les urbains des terres agricoles de petites surfaces (moins d’un hectare) repart, après 7 années de baisse, que celles-ci soient destinées au logement, à des équipements collectifs ou à la construction d’infrastructures. Ces ventes ont représenté 30.650 opérations (+3,8%), sur près de 23.300 ha (+5,9%), pour un montant de 3,7 milliards d’euros (+10,1%).

Le péril vieux

De façon générale, à l’image de ce qui a déjà cours dans plusieurs autres pays européens, la FNSafer tire la sonnette d’alarme sur «l’explosion du nombre de grandes exploitations en forme sociétaire, qui menacent de concentrer de plus en plus de surfaces au détriment de catégories d’exploitations plus petites, pourtant souvent mieux intégrées dans les territoires et plus créatrices d’emploi à l’hectare». Le contexte agricole français y est particulièrement exposé. A cause du vieillissement: 6,3 millions d’hectares sont aujourd’hui exploités par des actifs de 55 ans ou plus, qui atteindront donc l’âge minimal légal de départ à la retraite en 2017. A cause de la marginalisation du modèle familial: le nombre d’exploitations détenues par des personnes morales, qui ont recours à des entreprises de travaux agricoles, a plus que triplé depuis 20 ans, multipliant les unités de production à partir de plusieurs exploitations. A terme, il y a risque de voir remise en cause la souveraineté alimentaire européenne, dans une Union qui importe déjà l’équivalent de la production de 20% de sa surface agricole.

 



[1] Il s’agit d’anciens corps de ferme ou bâtis agricoles vendus avec un terrain de moins de 5 ha et quittant l’usage agricole.

 



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