L’Unesco recadre les éoliennes du Mont Saint-Michel

Le 12 juin 2012 par Stéphanie Senet
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Une zone d'exclusion des éoliennes va bientôt être mise en place
Une zone d'exclusion des éoliennes va bientôt être mise en place

Alors que l’Unesco doit se prononcer prochainement sur le maintien du Mont Saint-Michel au patrimoine mondial, l’organisation onusienne précise ses recommandations sur l’exclusion des éoliennes situées aux alentours dans un document mis en ligne sur son site. Celui-ci sera soumis au vote lors de la session prévue à la fin du mois.

Les premières exigences de l’Unesco remontent à novembre dernier. Une mission de suivi, qui s’est rendue sur place du 22 au 24 novembre 2011, a en effet émis plusieurs recommandations, comme «la définition d’une zone d’exclusion qui devrait être entreprise sur la base d’éléments cartographiques irréfutables définis par ordinateur, qui indiquent les zones où les éoliennes de plus de 50 mètres de hauteur peuvent être vues depuis le Mont».

L’Etat français et les régions Bretagne et Basse-Normandie en ont pris acte puisqu’ils ont annoncé qu’ils fixeraient, d’ici septembre, un périmètre d’exclusion des éoliennes formant un ovale autour du joyau médiéval, d’un rayon de 40 kilomètres à l’ouest et à l’est du rocher et de 20 km au nord et au sud (voir JDLE).

Dans un courrier daté du 9 avril 2012, la France a ajouté que le projet d’édification de trois éoliennes sur le territoire de la commune d’Argouges (Manche), à environ 22 km du Mont, était définitivement annulé. Le préfet de Basse-Normandie a en effet signé, le 3 avril, les arrêtés annulant les permis de construire (voir JDLE).

Dans ce nouveau document, l’Unesco va encore un peu plus loin. Prenant note du projet gouvernemental d’établir «une zone d’exclusion pour les champs d’éoliennes dépassant une certaine hauteur», l’Unesco pointe l’absence d’accord sur «une méthode de délimitation d’une telle zone». L’organisation estime qu’elle devrait être définie «au moyen d’éléments cartographiques établis par ordinateur dans le but de délimiter toutes les zones où des éoliennes dépassant une certaine hauteur sont susceptibles d’être vues depuis le Mont». Elle ajoute que dans l’attente de ce dispositif, tout nouveau projet devra être refusé.

Enfin, les éoliennes ne sont pas seules à être ciblées par l’organisation. L’Unesco fixe à 6,80 mètres la hauteur maximale du pont-passerelle qui doit remplacer la digue-route héritée du XIXe siècle dans le cadre du projet de rétablissement du caractère maritime du mont.

Selon Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), le périmètre d’exclusion est énorme. «Je me demande quel peut être l’impact visuel d’une éolienne à 23 km. Par temps très clair, on voit peut-être des bâtonnets à l’horizon mais je ne vois pas d’impact très préjudiciable pour la valeur du Mont Saint-Michel», estime-t-il.

L’Etat français a jusqu’au 1er février 2013 pour soumettre son projet de plan de gestion de la zone et jusqu’au 1er février 2014 pour remettre un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des recommandations détaillées par l’Unesco. A noter que celles-ci peuvent être complétées lors de la session de la fin juin.

Depuis 8 ans, une dizaine de projets d’éoliennes ont déjà été abandonnés ou rejetés autour du Mont Saint-Michel.



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