L’UMP, un parti vert pâle

Le 19 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le pacte écologique semble bien loin.
Le pacte écologique semble bien loin.

Le parti majoritaire vient de publier son projet de programme électoral. Un document où l'environnement est bien peu présent.

Nathalie Kosciusko-Morizet a beau être l’une des nombreuses conseillères de son parti, son influence au sein de l’UMP semble être des plus modestes. Du moins, si on la mesure à l’aune de la place consacrée à l’environnement par le programme électoral du parti présidentiel.
 
Envoyé la semaine passée aux adhérents, le projet UMP est pourtant prometteur: un an de travail, participation d’un mystérieux conseil des Clubs et des Think Tanks, «plus de 50 débats, colloques et conventions» organisés. Pas de doute, les «populaires» ont bien préparé la campagne.
 
Pour autant, et malgré l’organisation d’une convention sur le développement durable, les traces vertes sont rares dans le document riche pourtant de 15 pages grand format.
 
Rédigé par une équipe dirigée par Bruno Le Maire, l’actuel ministre de l’agriculture, le texte affirme vouloir promouvoir «l’indépendance et la sécurité alimentaire». Mais ne souffle mot de l’agriculture biologique, des organismes génétiquement modifiés, des pollutions (de l’air et de l’eau) imputables aux intrants. L’UMP veut juste défendre «les terres agricoles contre la spéculation, notamment en périphérie des grandes villes». Un vrai sujet: plus de 12.000 hectares de surfaces agricoles sont «artificialisés» chaque année, nous rappelle une récente étude du Commissariat général au développement durable.
 
Sans crainte de fâcher le gouvernement, l’UMP s’inscrit aussi «dans la continuité du Grenelle de l’environnement». Ce qui la dispense de proposer des idées nouvelles. Rien d’étonnant, donc, à ce que le parti tricolore confirme le choix du nucléaire (le Grenelle n’en a soufflé mot) ou veuille faire passer à 23% de notre mix énergétique la part dédiée aux renouvelables (c’est la loi!). Bonne nouvelle toutefois: l’UMP veut «amplifier les efforts de recherche en faveur des énergies renouvelables». Sans préciser lesquelles ni avec quel argent.
 
Chaud partisan «d’une Europe plus forte et plus protectrice», le parti néo-gaulliste milite pour la mise en œuvre de «taxes réciprocité». Ciblant les produits des pays extra-européens dont les normes sociales et environnementales sont plus souples et les émissions de CO2 plus fortes que sur le Vieux monde, ces taxes risquent de nous mettre à dos la plupart des puissances exportatrices et accessoirement l’Organisation mondiale du commerce.
 
En quelques lignes, l’UMP dévoile une nouvelle arme contre les changements climatiques. La formation dirigée par Jean-François Copé propose de taxer les transactions financières. Le produit de cette taxe Tobin d’un nouveau genre devant servir au «développement économique et social des pays les moins avancés et la lutte contre le changement climatique». Sans doute, ce que l’ONU appelle des «financements innovants».
 
Last but not least, s’il est élu, le candidat UMP poursuivra «les initiatives pour donner naissance à une organisation mondiale de l’environnement». Un projet déjà initié par le président Jacques Chirac, lors de son premier mandat.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus