L’UFC-Que Choisir veut bloquer Linky

Le 24 avril 2012 par Stéphanie Senet
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Prochaine étape: l'avis du Conseil d'Etat
Prochaine étape: l'avis du Conseil d'Etat

Dans un communiqué publié ce 24 avril, l’association de consommateurs s’oppose officiellement au compteur Linky, dont le déploiement, prévu par un arrêté publié le 10 janvier 2012 au Journal officiel (voir JDLE), doit en principe démarrer en 2013.

UFC-Que Choisir a en effet saisi fin mars le Conseil d’Etat d’un recours contre l’arrêté pour excès de pouvoir. Selon elle, le compteur jaune citron ne répond pas aux exigences normatives européennes et nationales. En outre, il ne permet pas aux consommateurs de maîtriser leur consommation d’énergie, ni leur budget. Ce que l’Ademe a confirmé à plusieurs reprises.

L’association note qu’aucune évaluation probante n’a été faite avant sa généralisation. En Indre-et-Loire et à Lyon, où des expérimentations ont été menées, «les objectifs n’ont pas été atteints». Les compteurs ont souvent sauté. La transmission des informations n’a pas toujours été au rendez-vous. L’impact sur la maîtrise de la consommation d’énergie n’a pas été mesuré.

L’écran déporté, qui permet de visualiser chez soi les informations en temps réel, est également passé à la trappe alors qu’il aurait permis d’atteindre l’objectif principal: permettre à tout foyer d’évaluer réellement sa consommation, pour mieux la maîtriser. Or plus de 50% des compteurs se trouvent aujourd’hui en dehors du foyer (parties communes, caves, etc.).

L’association déplore enfin la privatisation de l’accès aux données. «Alors que les données de comptage relèvent d’une mission de service public incombant à ERDF, l’arrêté a délégué cette gestion aux fournisseurs, ce qui ne permet pas de garantir l’accès de tous à ces informations», affirme-t-elle.

Le financement du Linky pose un autre problème. Alors que l’Etat s’est engagé en faveur de sa gratuité, le coût de la pose des 35 millions de compteurs représente 4,5 milliards d’euros selon ERDF, soit environ 130€ par appareil, alors qu’il ne dépasse pas les 80€ en Italie, où il est financé par le fournisseur Enel.

Le groupe EDF, dont ERDF est une filiale, a proposé de financer l’opération, à condition de devenir propriétaire des compteurs. Ce que n’accepte pas la Fédération nationale des collectivités concédantes (FNCCR), qui possède les compteurs actuels. Elle a en effet rompu les négociations avec ERDF le 16 avril dernier.

UFC-Que Choisir diffuse au passage une série de «vrai-faux», qui montre les limites du dispositif. Ainsi, la facture électrique sera toujours basée sur une estimation et non sur la consommation réelle. Le changement de compteur sera obligatoire pour tous. L’électricité pourra désormais être coupée à distance. Si l’installation du Linky n’implique pas de souscrire un nouveau contrat, 40 offres tarifaires seront disponibles. Son installation ne sera pas gratuite, comme l’a promis le gouvernement, mais sera répercutée sur le tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (Turpe).

«Ces compteurs sont bel et bien conçus essentiellement dans l’intérêt exclusif du gestionnaire de réseau et des fournisseurs d’énergie, et bien peu dans celui des consommateurs», conclut l’UFC-Que Choisir.



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