L’UE projette de limiter les agrocarburants

Le 12 septembre 2012 par Geneviève De Lacour
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Moins d'agrocarburants pour l'Europe
Moins d'agrocarburants pour l'Europe

L’Union européenne prévoit de réviser sa réglementation sur les agrocarburants et notamment ceux qui entrent en concurrence avec la production alimentaire. L’Europe craignant que ces carburants d’origine agricole ne soient pas aussi bénéfiques pour l’environnement qu’initialement prévu, elle souhaite en limiter les usages dans l’Union.

En 2009, l'UE s'était fixée l'objectif ambitieux que les énergies renouvelables représentent d'ici 2020 10% de la consommation d'énergie du secteur des transports. Or, cette législation n'avait pas pris en compte les conséquences néfastes du boom de certains agrocarburants sur l'affectation des sols –provoquant déforestation ou pénuries de céréales- qui sont aujourd'hui vivement dénoncées par les ONG environnementales ou par l'ONU.

Bruxelles estime à présent qu'il faut «faire évoluer le bouquet énergétique de biocarburants en faveur des plus performants» et des plus neutres en matière d'impact sur les sols, selon une source européenne.

Le texte de loi propose ainsi que la part de l'énergie issue des agrocarburants dits conventionnels à base de cultures alimentaires, tels que le colza ou les céréales, soit plafonnée à 5% de la consommation finale d'énergie dans les transports d'ici 2020. Actuellement, cette part est déjà de 4,5%, selon des chiffres de 2011. Le texte cherche également à encourager le développement d’agrocarburants innovants (à base d'algues ou d’ordures ménagères) qui ont un moindre impact sur les sols.

Dans un récent rapport, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a dénoncé les «pressions sur des ressources clé comme l'eau et les terres» que peut avoir le développement des bioénergies «lorsqu'il n'est pas bien géré».

Robbie Blake, des Amis de la Terre, se félicite du constat tiré par la Commission, même s'il estime qu'elle ne va pas assez loin en tirant les conséquences. «Nous devons supprimer le recours aux biocarburants tirés de cultures alimentaires, pas le porter à 5%», estime-t-il.

Un constat partagé par l'ONG Oxfam, qui estime que «le plafond de 5% ne suffira guère plus qu'à mettre un frein à l'actuelle hausse des cours alimentaires». Oxfam plaide en faveur d'une suppression de toute subvention à des biocarburants qui concurrencent les aliments.

Cette législation serait «un revers amer pour le changement énergétique dans le secteur des transports en Allemagne», en particulier les producteurs de bioéthanol et de biodiesel, a au contraire estimé dans un communiqué le directeur de la Fédération allemande de l'industrie des biocarburants, Elmar Baumann.

Selon lui, «cette législation aurait pour conséquence de fermer des unités de production qui n'ont été construites que dans le but de remplir les objectifs de l'Union européenne en matière d'énergies renouvelables».

D’après une source européenne, le projet pourrait être publié par la Commission courant octobre.

 

 

 



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