L’UE, le blé génétiquement modifié, l’agriculteur américain et le saumon GM

Le 05 juin 2013 par Marine Jobert
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Les saumons GM croissent plus rapidement que leurs homologues classiques.
Les saumons GM croissent plus rapidement que leurs homologues classiques.
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Ernest Barnes veut être indemnisé par Monsanto à hauteur «d'au moins 100.000 dollars» (76.442 euros), pour les pertes de revenus que pourrait lui faire encourir la découverte de blé  génétiquement modifié développé par Monsanto aux Etats-Unis. Cet agriculteur du Kansas accuse l’entreprise de «négligence grossière». [JDLE]. Le Japon ayant déjà annoncé qu’il fermait ses portes au blé tendre blanc américain, les cours des contrats à terme sur le blé, qui déterminent le prix des contrats à l'exportation, pourraient effectivement s’en ressentir.

 

L’Union européenne, elle, prend le temps de la science. La firme Monsanto lui a communiqué en début de semaine la méthode qui permettra au centre commun de recherche de la Commission européenne de détecter la souche non homologuée de blé GM retrouvée récemment dans l’Oregon «Il est probable qu'il faudra au moins deux semaines pour développer une méthode validée afin de tester les importations», a expliqué un porte-parole de la commission chargée de la santé et des consommateurs. Des résultats dépendront les échanges commerciaux futurs entre les deux continents. «Les cargaisons de blé en provenance des Etats-Unis seraient bloquées si la présence de cette variété était établie», a précisé un porte-parole de l'exécutif communautaire, selon Reuters.

 

Sur les 904.000 tonnes de blé américain importées par l'UE depuis le début de la campagne, les professionnels de la filière, cités par La France Agricole, indiquent qu’il y a eu «seulement 800 t de blé tendre blanc achetées par la Suède». L’Asie, qui importe plus de 40 Mt de blé chaque année (soit près d'un tiers des échanges mondiaux) est particulièrement concernée par la question, puisque «ce blé, à faible taux de protéines, est principalement destiné à la fabrication de nouilles asiatiques».

 

Le temps est à l’orage pour les OGM: une étude publiée dans Proceeedings of Royal Society met en évidence que la truite brune (Salmo trutta), si elle s’hybridait avec un saumon GM, engendrerait des hybrides qui, dans 40% des cas, auraient hérité du transgène codant pour l’hormone de croissance. Ces poissons se développeraient particulièrement rapidement, à l’instar de leurs ascendants GM. Les auteurs ont pris soin de souligner que «le niveau naturel d’hybridation [entre le saumon et la truite] excède rarement 1%» et qu’il faut donc se garder de transposer ces résultats à un milieu totalement naturel, rappelle l’association Inf’OGM.

Aqabounty, l’entreprise qui a créé ce saumon, assure que les risques sont négligeables, puisque les poissons produits sont tous des femelles stériles qui seraient gardées dans des réservoirs sur la terre ferme. La Food & Drug Administration est dans la dernière ligne droite pour décider de l’autorisation de ce ‘Frankenfish’.

 

 



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