L'UE interdit des substances dans les cosmétiques

Le 21 octobre 2004 par Christine Sévillano
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Une liste des substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction a été annexée à la directive européenne sur les produits cosmétiques. Très peu étaient utilisées par l'industrie des cosmétiques. Hormis sous la contrainte réglementaire, des substances sont parfois abandonnées sous la pression des médias et des associations.

La directive européenne du 21 septembre 2004 fait état de l'interdiction de quelques 1.000 substances classées comme cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) dans les produits cosmétiques. Cette liste contient des substances d'origines diverses comme des solvants, des pesticides, des cires, du charbon liquide ou des hydrocarbures.

L'Association européenne des cosmétiques, de la toilette et de la parfumerie (Colipa) assure ne pas être concernée par la majorité des produits listés. Il s'agit en fait pour l'Union européenne d'établir une cohérence entre les différentes directives relatives aux métiers qui peuvent utiliser ces substances CMR. Toutefois, deux d'entre elles étaient encore utilisées récemment par certaines industries de cosmétiques. L'acétate de plomb servait dans les teintures capillaires. Elle présente des risques pour de malformation du foetus. "Le ridicule de cette interdiction réside dans l'utilisation de ces teintures. Elles étaient uniquement destinées à des hommes d'un certain âge", affirme Gerald Renner, directeur des sciences et de la recherche de la Colipa. Le phtalate de dibutyle existait dans des proportions infimes dans les vernis à ongle comme solvant. "En fait, il s'agit surtout d'une décision politique car étant donné les quantités insignifiantes utilisées, les risques étaient quasiment nuls", poursuit Gerald Renner. Les produits concernés ne devront plus être commercialisés au plus tard le 1er janvier 2005 et retirés des magasins ou vendus au consommateur avant le 1er mars de cette même année.

Les industriels de la cosmétique s'attachent désormais à trouver des alternatives. "Remplacer une substance ne signifie pas que la matière de substitution soit moins dangereuse. Les chimistes risquent d'utiliser des produits dont les effets sont encore moins connus que les substances interdites. En somme, on peut changer involontairement la nature du danger", poursuit Gerald Renner. Chez Clarins, on reconnaît avoir fait usage uniquement de l'éther de glycol, mais l'entreprise l'a retiré de ses formules depuis plus de cinq ans. Cette substance, soupçonnée de provoquer des effets hormonaux parasites, était davantage utilisée dans les peintures et les produits ménagers. De faibles doses permettaient d'éviter le dessèchement de scosmétiques de type lait démaquillant. Il a depuis été remplacé par la glycérine ou le sorbitol. "En fait, dès qu'il y a une certitude ou même un doute, nous retirons la substance de nos produits", affirme Lionel de Benetti, directeur de la production des laboratoires Clarins. "Parfois, des molécules sont remises en question parce qu'elles ont été testées à partir de doses très importantes. Rien à voir donc avec les proportions infimes que nous utilisons dans nos formules. Mais nous les retirons quand même à titre préventif", ajoute-il. Actuellement Clarins travaille à substituer le triclosan, un conservateur chloré remis en cause par une association de consommateurs à cause d'effets irritants. "Nous n'avons pas vu d'irritations dans nos tests finaux mais nous le retirons pour satisfaire les consommateurs". En cinq ans, l'entreprise a éliminé deux à trois substances sur la base de doutes plus que de faits avérés. "Certaines études médiatiques et controversées scientifiquement amènent des sociétés de cosmétiques à remettre en cause l'utilisation de certaines substances. Et ce, même si aucune réglementation ne l'interdit. De toute façon, il faut être réaliste, le risque zéro n'existe pas", conclut Gerald Renner de la Colipa.

Au grand damne des industriels, le législateur européen et même national peut prendre des mesures même sur la base d'une évaluation scientifique des risques mais en l'absence de certitudes. L'article 12 de la directive européenne sur les cosmétiques précise qu'un État membre peut provisoirement interdire ou soumettre à des conditions particulières un produit cosmétique même s'il est conforme à la directive.


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