L'UE durcit la réglementation sur les teintures capillaires

Le 02 août 2006 par Agnès Ginestet
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teinture
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Le 20 juillet, la Commission a annoncé l'interdiction de 22 substances pour teintures capillaires. Différentes études ont en effet évoqué un lien hypothétique entre l'utilisation de ce type de produits et l'apparition de cancers et de lymphomes.

Pas de dossier de sécurité pour le 2,3-naphthalenediol, le 2,4-diaminodiphenylamine et 20 autres substances utilisées dans les teintures capillaires. Et pour cause: selon la Fipar, elles ne seraient presque plus utilisées et ne présenteraient plus d'intérêt industriel. En tout, ce sont 115 dossiers qui ont été présentés au Comité scientifique des produits de consommation (CSPC) de l'Union européenne pour évaluation. «Les substances qui n'ont pas fait la preuve de leur innocuité vont disparaître du marché. Nos normes de sécurité très strictes protègent les consommateurs de l'Union européenne et offrent la sécurité juridique à l'industrie européenne des produits cosmétiques», a déclaré Günter Verheugen, vice-président de la Commission en charge des entreprises et de l'industrie.

Dans deux avis datés du 12 juin 2001 et du 17 décembre 2002, le CSPC fait état d'un risque potentiel de cancer de la vessie lié à une utilisation régulière et à long terme de teintures capillaires par les femmes. Plusieurs études ont été menées sur le sujet et ont conduit à l'hypothèse selon laquelle l'apparition de différents cancers et de lymphomes chez des utilisateurs ou des personnes ayant travaillé dans la coiffure serait associée à l'emploi de certaines substances présentes dans les teintures (1). Une étude de 2005 reprenant l'ensemble des résultats obtenus sur le sujet a cependant conclu qu'il n'y avait pas de preuve significative d'une augmentation des risques de cancers parmi les utilisateurs de ces produits (2). La Fipar insiste d'ailleurs sur ce point en indiquant qu'aucune des hypothèses avancées n'a pu être démontrée. Selon elle, il est donc «choquant de continuer à alarmer les consommateurs» et de jeter le discrédit sur une «industrie responsable».

La Fipar qui se réjouit de l'interdiction des 22 substances insiste sur le fait que la décision de la Commission ne doit pas être interprétée comme étant dirigée contre l'industrie. Elle participe déjà activement à la stratégie mise en place par la Commission depuis 2003, qui vise à établir une liste positive de substances en réévaluant les colorants capillaires. En collaboration avec l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), elle a déterminé la liste des colorants réellement utilisés en France et présentant un intérêt technologique, et elle a défini les études à mener. Bien qu'il n'existe pas de réglementation propre aux produits capillaires, la directive cosmétique, modifiée à plusieurs reprises, encadre notamment leur composition (3).



(1) Boffetta P, Andersen A, Lynge E, et al., Employment as hairdresser and risk of ovarian cancer and non-Hodgkin's lymphomas among women. J Occup Med 1994, 36:61–5 ; Zhang Y, Holford TR, Leaderer B, et al. Hair-coloring product use and risk of non-Hodgkin's lymphoma: a population-based case-control study in Connecticut. Am J Epidemiol 2004, 159:148–54.

(2) Takkouche B, Etminan M, Montes-Martinez A. Personal use of hair dyes and risk of cancer: a meta-analysis. JAMA 2005, 20:2516–25.

(3) Directive 76/768/CEE du Conseil, du 27 juillet 1976 (J.O. du 27 septembre 1976)




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