L’UDI met l’Europe au centre

Le 13 mai 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Juliette Aubert a laissé tomber les déchets pour la politique
Juliette Aubert a laissé tomber les déchets pour la politique

Sixième sur la liste de l’Union des démocrates et indépendants, Juliette Aubert veut lutter efficacement contre le réchauffement et concrétiser les principes de l’économie circulaire.

Changement de programme pour Juliette Aubert. L’ex-directrice de la communication du Groupe Séché a laissé tomber la gestion des déchets pour la politique. Anciennement encartée à l’Union des démocrates et indépendants (UDI), fédération de partis centristes créée lors des législatives de 2012 par Jean-Louis Borloo. Sept ans plus tard, le temps est à l’Europe. L’initiateur du Grenelle de l’environnement a laissé la place à Jean-Christophe Lagarde. Sans que le corpus politique évolue beaucoup.

L’UDI reste un parti profondément pro-européen. Comme nombre de formations tricolores, ce rejet de l’UDF s’est teinté de vert à l’approche du scrutin du 26 mai. Un verdissement imputable à Jean-Philippe Dugoin-Clément (vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, en charge de l’écologie) et à Juliette Aubert.

envoyer des pros à Strasbourg

En 6e position sur la liste électorale, c’est cette dernière qui portera l’étendard écolo dans le tournoi qui s’annonce. Le credo de cette juriste de formation est pluriel. «Nous devons d’abord envoyer des personnalités compétentes à Strasbourg, connaissant non seulement les dossiers mais aussi le fonctionnement des institutions communautaires», indique-t-elle. Pas si mal, si l’on se souvient que le Parlement européen a longtemps été une voie de garage pour les politiciens français délaissés par leurs électeurs. Place aux professionnels de la politique communautaire, clame Juliette Aubert. C’est beaucoup, ça n’est pas tout.

Poussant à l’élection du président de la Commission par les eurodéputés ou à l’assouplissement de l’organisation de consultations des citoyens européen, l’UDI veut renforcer le rôle du Parlement européen et doter la Commission d’un budget autonome. «Un budget alimenté par l’octroi de visas européens mais surtout par le produit de la taxe sur les transactions financières et sur les importations trop richement carbonées», indique celle qui est à la ville l’épouse du sénateur (UDI) François Zochetto. De quoi rapporter une soixantaine de milliards d’euros par an à l’exécutif communautaire.

conjuguer Europe et climat

Comme nombre de formations ‘progressistes’, l’UDI propose de suspendre l’application (ou la négociation) d’accords commerciaux avec les pays qui ne respectent pas l’Accord de Paris. A ce propos, les centristes proposent de conjuguer Europe et lutte contre le réchauffement. «Notre idée est de créer un livret d’épargne E, comme écologie. Ouvert à tous les citoyens, il permettrait de financer des projets liés à la transition énergétique, comme la rénovation des logements ou la recherche sur l’hydrogène.»

Juliette Aubert souhaite compléter ce programme officiel par des actions ciblées sur des sujets qu’elle connaît bien: «Nous devons renforcer la collecte et la destruction des gaz fluorés, qui sont les pires gaz à effet de serre qui existent», rappelle-t-elle. Apôtre de l’économie circulaire, elle veut donner du concret à cette philosophie difficile à vendre aux électeurs. «Nous devons arrêter de fixer des objectifs de recyclage intenables. Il faut agir sur l’amont, faire en sorte que les produits certes consomment le moins de matière possible mais soit aussi démontables, réparables et, effectivement, recyclables à la fin de leur vie.»

politique agricole commune

Juliette Aubert entend aussi profiter des débats qui définiront la prochaine politique agricole commune (PAC) pour, bien sûr, améliorer l’ordinaire des paysans, réduire les pollutions agricoles, mais aussi renforcer la prise en compte des liens entre production agro-alimentaire et santé. «Il n’est pas possible que l’on continue de voir un Français sur deux en surpoids, sans rien faire. Nous devons imposer aux industriels européens l’apposition de l’étiquetage Nutri-Score.» Il va falloir expliquer aux électeurs de quoi il s’agit…



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